Leonora Miano décroche le Prix Femina 2013

La Franco-Camerounaise Leonora Miano a remporté le prestigieux Prix Femina 2013 pour son septième roman La saison de l’ombre publié à la rentrée littéraire aux Éditions Grasset et qui revient sur le début de l’esclavage en Afrique.

L’annonce a été faite ce mercredi 6 novembre, à l’hôtel Meurice à Paris par la présidente du Jury, Diane de Margerie. Outre cette dernière, le jury était composé de Camille Laurens, Solange Fasquelle, Claire Gallois, Benoîte Groult, Paula Jacques, Christine Jordis, Mona Ozouf, Danièle Sallenave, Chantal Thomas.

«C’est un grand roman avec un souffle romanesque captivant. Nous avons affaire à un grand écrivain», a déclaré la présidente du jury.

Leonora-mianoÂgée de 40 ans, Leonora Miano succède cette année à Patrick Deville, lauréat 2012 avec Peste & Choléra paru aux éditions Le Seuil.

Le prix Femina a été fondé en 1904 par vingt-deux collaboratrices du magazine La Vie heureuse, sous la direction d’Anna de Noailles, et principalement pour offrir une alternative au prix Goncourt, fondé en 1902, et à l’époque très masculin.

Dix romans avait été sélectionné au début du mois d’octobre pour la liste finale, notamment Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), choisi par l’Académie du Goncourt, Le Dernier seigneur de Marsad, de Charif Majdalani (Seuil), Faillir être flingué, de Céline Minard (Rivages) et Le cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik (Flammarion).

Née à Douala (Cameroun) en 1973, Leonora Miano ajoute donc un nouveau prix à une liste qui n’est pas vierge puisqu’elle a déjà récolté quelques honneurs. Récemment, elle a été récompensée, à la Réunion, du Grand Prix du Roman Métis, qui lui sera remis le 3 décembre prochain, avec en plus un montant de 5000 €.

Zemanta Related Posts ThumbnailPlus tôt dans l’année, elle avait reçu le Prix Seligmann contre le racisme pour son livre Écrits pour la parole (L’Arche éditeur), tandis qu’en 2006, c’est le prix Goncourt des Lycéens qu’elle a remporté pour Contours du jour qui vient (chez Plon).

Dans son dernier ouvrage, la romancière camerounaise, à la tête de l’association Mahogany pour la promotion des expériences subsahariennes et afrodescendantes, évoque la traite des Noirs et comment elle a été sentie par les principaux intéressés dans leurs villages à ses débuts.

« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? » Extrait du roman La saison de l’ombre

Profitant de sa tribune, Leonora Miano a fait savoir que son prix Femina 2013 «revêtait un aspect symbolique après qu’une ministre française, Christiane Taubira, ait été traitée de guenon. Ce n’est pas seulement elle qui est insultée, mais toutes les personnes noires qui sont animalisées», tel que le rapporte l’Agence France Presse.

Pour la maison Grasset, il s’agit d’une semaine de succès avec trois prix importants pour trois auteurs : Yann Moix (prix Renaudot en début de semaine), Léonora Miano, et Jean-Paul et Raphaël Enthoven, qui décrochent le prix Femina de l’essai avec «Dictionnaire amoureux de Proust» (Plon/Grasset).

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