The Square de Jehane Noujaim, présenté aux RIDM

Présenté en ouverture de l’édition 2013 des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), le magnifique long métrage The Square (Al Midan) de la cinéaste égyptienne Jehane Noujaim revient de façon remarquable sur la vie monopolisée de quelques acteurs des différentes révolutions qu’a connu l’Égypte au cours des deux dernières années.

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Ahmed Hassan

Primé aussi bien à Toronto (prix du meilleur documentaire), qu’à Sundance (Prix du public), The square fait partie de ces documentaires qui abordent les événements de la place Tahrir, au Caire.

Il faut absolument le voir parce qu’il propose un regard intime sur ce que l’équipe du film considère comme «le plus important mouvement des droits civiques de l’époque».

La cinéaste Jehane Noujaim, qui avait réalisé Control Room, Startup.com, Rafea: Solar Mama, pose l’objectif de sa caméra sur plusieurs protagonistes : Khalid Abdalla, Magdy Ashour, Ahmed Hassan, Ragia Omran, Ramy Essam, Aida El Kashef.

Ahmed, dans la vingtaine, est «l’incarnation charismatique de la valeureuse jeunesse égyptienne» et l’avenir de ce qui fera un jour de l’Égypte un Pays redoutable. Il a un ami Magdy, quadra et père de quatre enfants, volontaire dans l’effort de mobilisation, mais qui représente la menace qui plane sur ce pays : il est un membre des Frères musulmans.

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Khalid Abdalla

Khalid Abdalla, trentenaire et britano-égyptien, est l’autre force vive du film. Cet acteur (Cerfs-volants de Kaboul) n’a pas forcément besoin de se battre comme les autres manifestants pour vivre au jour le jour, mais comme eux, il aspire à une société juste et… équitable. Avant lui, son père a été emprisonné dans les années 70 avant de s’exiler à Londres.

Bref, peu importe leur appartenance religieuse, leur statut et leur rang social, ces Égyptiens ne rêvent que d’une chose, l’avènement d’un pays ancré dans un nouvel âge de modernité, qui se refuse à rester dans la peur et qui doit absolument retrouver les principes fondamentaux d’une démocratie, au premier rang duquel la liberté.

«Nous espérons qu’en voyant ce film, le public ait l’impression qu’il a été sur la place Tahrir, qu’il a vécu la révolution, qu’il est devenu ami avec nos personnages, et qu’il a vraiment senti le sang, la sueur, les larmes et la joie de ce mouvement», souligne d’ailleurs la réalisatrice dans le dossier de presse.

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Ainsi, tout au long de son film, la cinéaste va montrer des images édifiantes de ce symbole de la liberté qu’est la place Tahrir. Elle va exhiber les déceptions des uns et des autres, mais son récit d’un pays au bord du gouffre ne souffre d’aucun préjugé. Seuls les acteurs ont voix au chapitre, ce qui permet au spectateur de se faire une idée assez juste de la situation.

«Nous espérons démontrer pourquoi les droits qui nous sont chers doivent continuer à être défendus»

Tour à tour, on y verra la chute de Moubarak, le revers de la puissante armée et le déclin du nouveau président élu.

La force de ce documentaire réside donc dans l’éventail de personnages présents, mais également dans la période de temps couvert par la cinéaste. Jehane Noujaim a pris des images dès janvier 2011 (premiers rassemblements anti-Moubarak) et juillet 2013 (chute du président élu Mohamed Morsi).

The Square, est présenté le mercredi 13 novembre à 19h au Monument-National (en présence de la réalisatrice), le 15 novembre à 21h15 à Excentris et le 17 novembre à 16 h 30 au Cinéma du Parc, dans le cadre des RIDM

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