Beautiful Africa : Rokia Traoré veut changer la perception des gens sur l’Afrique

Pour son retour au sommet, la chanteuse malienne Rokia Traoré dénonce avec aplomb, l’image misérabiliste d’une Afrique qu’elle chérie. En tournée mondiale, la chanteuse malienne Rokia Traoré a pris quelques minutes de son temps pour répondre à nos questions. Situation au Mali et évolution artistique sont les autres sujets dont elle a bien voulu discuter avec nous. Rokia-Traore-01

Lorsqu’on l’a joint au téléphone, Rokia Traoré semble fatigué, mais sa détermination et ses convictions transparaissent à l’autre bout du fil.

Son dernier album Beautiful Africa, aux influences rock et blues, Rokia l’a voulu résolument engagé. En bambara, en anglais ou en Français, mais toujours accompagné de sa guitare, la fille de Beledougou dénonce la situation dans laquelle son Mali se retrouve et déclare également son amour inconditionnel à son continent.

Interrogée sur ces prises de position, la fille de diplomate répond du tic au tac : «Je n’aurais jamais fait ça si ce qui était arrivé au Mali n’était pas arrivé».

Rokia TraoreElle conçoit très bien que son rôle d’artiste peut l’amener à prendre de courageuses positions. «C’est évident que [les artistes] ont la capacité de transmettre [des] messages», dit-elle. Dans le cas contraire, assure-t-elle, ce serait «lâche et irresponsable».

Pas question donc pour Rokia Traoré de se cacher derrière un rôle uniquement artistique. Elle est d’ailleurs ambassadrice de l’Organisation pour la Prévention de la Cécité.

Dans son cinquième album, réalisé en Angleterre par John Parish (PJ Harvey, Eels, Giant Sand, Tracy Chapman), Rokia étale sa connaissance du rock et de ses racines africaines en abordant des thèmes rassembleurs comme l’amour, la place des femmes et forcement de l’image du continent.

Elle déplore l’image misérabiliste que l’Afrique traîne souvent comme un boulet. «[La misère], Il y en a partout», dit celle qui a eu l’occasion d’avoir un pied à terre en Afrique comme en Europe. La Malienne estime que les Africains doivent faire valoir leur point de vue, de façon à montrer une meilleure image du continent.

Parce que, croit-elle, «les attentats terroristes, l’Afrique n’en a point l’exclusivité», tout comme les intempéries naturelles. «Cette négativité perpétuée par les médias est «d’une lourdeur pas possible», ajoute celle qui a été récompensée cette année du prix Babel Med Music, en mars, à Marseille. Rokia-Traore-02Et pour cause, en quinze ans de carrière, l’artiste a mûri et la guitariste a pris de la maturité. «On n’a presque plus peur de rien et on assume ses responsabilités, souligne-t-elle.

De Montréal, Rokia Traoré dit avoir gardé de bon souvenir et une image assez agréable. Elle est venue plusieurs fois dans la métropole et à différentes périodes. «J’ai adoré aussi [l’hiver].» Elle se rappelle de l’état d’esprit des gens, et de l’«ouverture entre les cultures anglo-saxonne et francophone».

Rokia Traoré a d’ailleurs confié que dans le passé, elle a eu l’envie de s’installer dans la métropole pour quelque temps. Pour plusieurs raisons, le projet n’a finalement pas abouti. À notre grand dam !

Aux Maliens du Canada et de la diaspora en général, la chanteuse avait aussi un message. La communication s’est interrompue à ce moment-là. Nul doute qu’elle aurait voulu passer un message d’optimisme et d’espoir pour son continent.

Rokia Traoré sera au Club Soda, le 28 novembre 

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