Entrevue avec IAM : «la diversité, c’est juste la normalité»

Le rap est la musique la plus ouverture, estiment Shurik’n et Imhotep, deux membres du groupe de rap français le plus populaire et prolifique, IAM. En marge de la promotion de leur nouvel album, IAM, ils se sont confiés à Touki Montréal.

IAM-3-18-JUIN2013Il est midi 30 (18h30 en France) lorsque le téléphone sonne. Un membre de l’équipe d’Universal France doit nous mettre en contact avec les deux membres d’IAM.

Il faut profiter des 15 minutes de temps alloué pour l’entrevue avec Shurik’n et Imhotep. Top chrono !

À l’autre bout du fil de la conférence à quatre (en comptant le représentant du label…), les deux musiciens sont comme dans la vie taquins, «très moqueurs», explique Shurik’n de son vrai nom Geoffroy Mussard. Ce jour là, la musique d’ambiance d’Universal est leur objet de moquerie…

Très vite pourtant les deux artistes remettent les pendules à l’heure. Ils sont pour la diversité des genres, particulièrement dans la musique.

«On veut avoir le choix dans la musique, souligne le rappeur d’origine malgache et réunionnaise.» Il estime que le rap doit aussi être un choix et qu’il «doit être reconnu à sa juste valeur», comme un art premier.

IAM-Shuriken2«Il n y a aucune musique qui me dérange, réplique de suite Pascal Perez, dit Imhotep. [La seule] exception, [ce sont] les chants nazis.»

Défendre les indéfendables

Le groupe de Marseille a sorti le 19 novembre dernier l’opus IAM, qu’il considère comme son «nouvel et ultime album». Il comporte 16 titres aux noms et aux thèmes toujours revendicateurs.

Dans tous les cas, l’esprit IAM est loin d’être mort. Comme ils l’ont fait dès leur fondation en 1989, les membres du groupe n’ont pas l’intention de relâcher la pression et continueront de «défendre les indéfendables».

«C’est une facette du rap qui [les] a toujours branché», soit celle d’«utiliser la musique comme [leur] haut-parleur.»

visuel album IAM defDans ce dernier album, par exemple, le titre Que fait la police illustre bien ce propos. Le groupe dénonce le fait que la police soit devenue un des outils essentiels du néolibéralisme et du pouvoir, «plus vraiment aux mains des citoyens».

Tant Shurik’n qu’Imhotep, et probablement les autres, ne baisseront donc pas les bras. Ils continueront de «prendre position», de «soulever quelques débats», de «parler de la réalité de [leur] ville, de [leur] pays».

Ce rapport au rap, IAM le puise dans le courant américain genre. D’ailleurs reconnaisse-il,  le lien particulier, affectif avec le public nord-américain (de New York ou Montréal) est assez différent de celui d’Hexagone, qui n’a pas cette culture afro-américaine. «On se retrouve plus avec la culture hip- pop», disent-ils.

Sur la diversité, le groupe dit nager comme un poisson dans l’eau avec ce concept. «On est né dans la diversité. On le vit au quotidien», dit l’un. «La diversité, c’est juste la normalité», souligne l’autre.

IAM-2Shurik’n estime d’ailleurs que quand le groupe prend position, en général, c’est pour signifier le manque de diversité.

Dans leur cas, ajoutent-ils, le rap est la musique la plus ouverte à toutes les formes d’influences musicales, principalement grâce au sampling.

D’ailleurs, insiste Imhotep, le rap, culture vivante et populaire, est une musique qui se consomme, mais qui se pratique aussi.

La fin d’IAM ?

Lorsqu’il est venu le temps de poser la question qui tue, pourquoi ce dernier album?, la réponse a été aussi sans équivoque : «Parce que ça l’est pas !»

Si en réalité, ils n’en savent rien, une chose est claire. «C’est la fin d’une ère.»

«On tient à sortir par la grande porte». Et IAM  pourrait être ce dernier album «contractuel», sorti avec une major.

En attendant cette fin hypothétique, le groupe avait ce mot pour son public, particulièrement les Montréalais. «On arrive» !

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