Goma : le retour des banques commerciales, une bonne affaire

Attiré par l’ampleur des transactions commerciales, les banques commerciales internationales refont surface à Goma. Tout le monde en profite, sauf les institutions de micro-finances qui avaient prospéré en leur absence.

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« Pour honorer les factures de mes commandes à l’étranger, je ne passe plus par les banques de Gisenyi, au Rwanda. Cela m’épargne des risques, quand je devais traverser la frontière à pied avec de l’argent liquide », indique Alphonse Bwema, homme d’affaires à Goma.

Le réseau bancaire gomatracien s’est en effet de nouveau développé. Janvier Hakizimana, propriétaire de stations-service, s’en réjouit : « Je donne simplement l’ordre de paiement à la BIAC (Banque internationale pour l’Afrique centrale) à Goma qui effectue un transfert sur le compte de mon fournisseur par le truchement de sa filiale à Naïrobi. Cela m’évite des dépenses de transport, de logement et de restauration dans les déplacements que j’aurais dû faire. Et le temps gagné, je le mets à profit pour d’autres affaires. »

Certaines banques interviennent également dans diverses affaires douanières à la demande de leurs clients. Le directeur de la banque internationale Excess explique ainsi que leur bureau de Dubaï « intervient pour le paiement de frais de douane et d’assurance, ainsi que de transport de marchandises de l’embarquement jusqu’au port de débarquement ».

Une concurrence bénéfique

banque_congolaiseActuellement, selon Vénance Lenghwe, directeur provincial de la BCC (Banque centrale du Congo), « plus de dix banques commerciales internationales fonctionnent à Goma et d’autres projettent de s’installer. Cela a créé un climat concurrentiel qui profite aux opérateurs économiques et aux clients, par la rapidité des transactions vers l’étranger ou la baisse des frais bancaires. C’est bien différent du temps où il n’y avait que deux ou trois banques « .

Les clients bénéficient de plus de choix : « Lorsque j’envoie l’argent à mon fils pour payer ses études en Afrique du Sud, je compare d’abord les tarifs pour choisir une banque où ceux-ci sont moins élevés », confie cet habitant.

L’insuffisance de banques commerciales au Nord-Kivu, un grand carrefour commercial à l’Est du Congo, avait permis la naissance de multiples institutions de micro-finance ne répondant plus aux normes actuelles des transactions commerciales internationales. Celles-ci se vident désormais de leurs clients, notamment des grands commerçants locaux.

« Depuis un moment, nous encaissons moins d’argent. Les opérations de retrait sont devenues plus nombreuses que les versements », reconnaissent les responsables de certaines maisons d’épargne.

Chaque matin, ces coopératives sont assaillies de clients venant solder leur compte. Ils se heurtent souvent aux limites de ces petites institutions : « Je suis venu retirer 5000$, mais la caissière me dit que je ne peux en retirer que 10% faute de liquidités. Je n’ai pas assez pour approvisionner en carburant mes véhicules de transport », râle un client devant un guichet.

Par Désiré Bigega

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