Reines d’Afrique de Vincent Hugeux chez Perrin

Dans un condensé de 248 pages, aussi recherché que critiqué, l’ouvrage Reines d’Afrique de Vincent Hugeux (Éd Perrin) décrypte l’univers et le quotidien des premières dames d’Afrique. Certaines d’entre elles ont pris le temps de répondre aux questions du journaliste, mais d’autres ne l’ont pas fait et le lecteur comprendra vite pourquoi.

Reines dAfrique de Vincent HugeuxAu total une dizaine de First Lady ont été choisi sur le gril pour une expérience ô combien juteuse et que les lecteurs dévoreront d’une traite ou deux, pas plus.

Auteurs d’autres essais tout aussi brûlant comme L’Afrique en face, Afrique: le mirage démocratique ou Les sorciers blancs, le grand reporter à l’Express s’amuse à braquer le maximum de projecteurs possibles sur ces femmes de chef d’États.

«Virago volcanique, dame patronnesse postmoderne, mère poule impénitente, redoutable affairiste : la Première Dame d’Afrique est tout à la fois la plus sûre alliée et la pire ennemie de son président de mari.»

Qui est réellement Chantal Biya du Cameroun ? Qu’a dit vraiment Simone Gbagbo à son mari pendant le conflit qui l’opposait au président actuel de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara ? Quelle est la véritable histoire de la rencontre entre le président sénégalais Abdoulaye Wade et sa femme Viviane? Quelle rôle à jouer Félix Houphouët-Boigny dans le mariage du Burkinabé Blaise Compaoré avec Chantal de Tarasson ? Et l’implication de cette dernière dans la disparition de Thomas Sankara ?

Voilà autant de sujets et de questions que le lecteur découvrira au fil des pages. Avant de se lancer dans le vif du sujet, l’auteur, spécialiste de l’Afrique, s’épanche en guise d’introduction sur une trentaine de pages organisées en une douzaine de sections. Cette préparation du terrain aide à mieux comprendre le reste de l’ouvrage.

Chantal_BiyaAinsi, il y a plusieurs catégories de première dame. Les Blanches (Viviane Wade, Sylvia Bongo Ondimba, Dominique Ouattara), les femmes à poigne (Constancia Mangue de Obiang, Simone Gbagbo, Chantal Compaoré) ou les dépensières (Antoinette Sassou-Nguesso, Grace Mugabe).

Presque toutes sont dépeintes comme étant fascinée par le pouvoir, à part peut-être Marième Sall (épouse de Macky Sall, élu en 2012 à la tête du Sénégal) devenant du coup la première «autochtone» musulmane à accéder à ce statut.

Pour appuyer son enquête, que les mauvaises langues qualifient de « biographie romancée », Vincent Hugeux cite bon nombre de témoignages et d’anectodes époustouflantes  : des ambassadeurs (Jean Christophe Ruffin), des anciens conseillers de la cellule Afrique de l’Élysée, des proches des dites-femmes. Dans certains cas, les concernées n’ont pas hésité à répondre aux questions.

Autre bonne idée de l’auteur, celle de ne pas se cantonner au «pré carré» francophone. Les lecteurs découvriront une facette du Zimbabwe grâce à Grace Mugabe, «Lady Disgrace, et de la Guinée équatoriale avec la matriarche Constancia Mangue de Obiang, mère du trublion Theodorin Obiang.

En dépit des critiques en provenance du continent, Vincent Hugeux, Grand Prix international de l’Association de la presse étrangère, réussit avec brio dans son ouvrage à décrire l’univers de ces reines et en fait des portraits finalement inédits.

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