FrancoFolies: le belgo-rwandais Stromae superstar à Montréal

Le phénomène belge Stromae a reçu mardi soir un accueil digne d’une superstar lors de son passage au Centre Bell de Montréal, pour le premier d’une série de deux concerts dans le cadre des FrancoFolies.

Stromae Frédérique Ménard-AubinToujours très stylé, le filiforme maestro – Stromae en verlan – est apparu sur scène arborant un nœud papillon, une chemise blanche surmontée d’un cardigan, un bermuda et des chaussettes montantes vers 20h50 sous un tonnerre d’applaudissements en compagnie de ses quatre musiciens multi-instrumentistes.

Le jeune prodige au physique dégingandé a proposé au public montréalais un spectacle complet et haut en couleur: une musique électro diablement accrocheuse et efficace accompagnée d’effets visuels bluffants. L’écran géant qui était placé à l’arrière-plan de la scène a grandement contribué à donner une ambiance tantôt sombre, parfois festive, au spectacle.

Stromae, Paul Van Haver de son vrai nom, a ouvert le bal avec le morceau Ta fête, dont l’excellent clip a été dévoilé peu avant le spectacle. Ce titre est, rappelons-le, l’hymne officiel de l’équipe nationale de soccer de la Belgique pour le Mondial 2014. Un beau clin d’œil après la victoire des Diables rouges contre l’Algérie.

Des allures de discothèque géante

Véritable bête de scène, le phénomène de 29 ans a enflammé le Centre Bell, qui a parfois pris des allures de discothèque géante. La foule survoltée de 11 650 spectateurs s’est littéralement déchaînée sur les rythmes électro des morceaux Bâtard, Humain à l’eau, ou encore Carmen, issus de son disque multiplatine Racine Carrée, paru en 2013.

stromae frédérique ménard-aubin_168«Une chanson sans boom boom c’est un peu comme Venise sans gondole, des moules sans des frites, un peu comme Milou sans Tintin», a blagué l’artiste en interprétant de façon magistrale la pièce «Tous les mêmes».

Tout comme dans la vidéo de ce titre, Stromae est subitement devenu schizophrène, campant en même temps les rôles d’un homme et d’une femme qui se lancent la balle verbalement.

En plus de la musique, les mots tiennent souvent une place très importante dans le répertoire de l’auteur-compositeur-interprète.

Le Belge a également su créer quelques moments plus introspectifs en interprétant les titres Quand c’est, qui aborde le sujet grave qu’est le cancer, ainsi que Formidable, reprenant de façon très théâtrale son célèbre personnage d’homme ivre qui n’a plus goût à la vie (dont la vidéo est devenue virale à sa sortie). Son interprétation de «Formidable» lui a valu une longue salve d’applaudissements.

L’album Cheese, sorti en 2010, n’était pas non plus en reste. Le maestro a entonné lors du spectacle les excellents Peace or violence, Te quiero, Je cours et Silence qui figurent tous sur son premier opus. C’est sans compter le désormais classique Alors on danse qui a entraîné un engouement à peine imaginable dans le Centre Bell. La foule, fébrile, a repris les paroles du morceau en chœur de façon remarquable.

Un public varié

Le public très hétéroclite du jeune artiste belge s’en donnait à cœur joie autant sur le parterre que dans les gradins. Certains sont même venus de loin pour assister au spectacle du maestro.

stromae ©FrédériqueMénardAubin-9624C’est le cas de Nicholas et Jeremy, deux jeunes New-yorkais avec qui Touki Montréal a eu l’occasion de discuter brièvement juste avant le début du concert.

Les deux comparses, comme la plupart des spectateurs, n’ont pas hésité à se déhancher sur les compositions qui mélangent habilement de l’électro à des sonorités africaines.

Stromae a d’ailleurs rendu hommage à Cesaria Evora, grande dame de la musique capverdienne, avec son titre Ave Cesaria. Le titre Papaoutai, l’un des plus gros succès de l’artiste, a quant à lui pris des airs de rumba congolaise lorsque le jeune maestro est venu l’interpréter en rappel.

Le spectacle s’est terminé a cappella lorsque Stromae et ses musiciens sont remontés sur scène pour reprendre le morceau Tous les mêmes. Malgré l’excitation, le public s’est tu pour écouter une version enlevante et humoristique du titre, clôturant le spectacle de deux heures d’une façon «formidable»!

Première partie

Karim Ouellet a eu la lourde tâche de chauffer le public qui s’était déplacée en grand nombre. L’artiste québécois s’en est très bien sorti en interprétant quelques pièces issues de Fox, son plus récent album. La foule n’a pas hésité à reprendre le refrain de L’amour, le titre le plus connu de l’artiste.

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