La Rue Kétanou, pourfendeur de toute ode à l’esthétique et à la connerie

À l’occasion de leur passage lors de l’édition 2014 des FrancoFolies de Montréal, le groupe français La Rue Kétanou a répondu aux questions de Touki Montréal. Après sept ans d’absence, les trois acolytes (Mourad Musset, Florent Vintrignier et Olivier Leite), comme toujours aussi simples que chaleureux, sont venu présenter leur album Allons Voir, disponible au Québec depuis le 10 juin.

Rue-Ketanou-Francos2014-Touki-MontrealQuelle est votre histoire avec Montréal et le Québec?

À chaque fois c’est une surprise pour nous. Ça fait 13 ans qu’on vient à Montréal.

La première fois, c’était avec le groupe Tryo. Par la suite on est revenus plusieurs fois, seuls ou avec d’autres projets. On est allé jusqu’à l’Île aux Coudres.

Montréal c’est le point d’arrivée pour nous. On a fait plusieurs villes déjà : Sherbrooke, Trois-Rivières. On a même joué à l’auberge de jeunesse de Tadoussac.

Quand on revient maintenant on retrouve des vieux amis, des endroits qu’on a vus naître comme le Divan Orange [une sacrée histoire avec cet endroit, j’ai (Mourad Musset) même un enfant avec une personne du Divan Orange! (rire)].

À Montréal on a aussi eu la chance de travailler avec Tomas Jensen, Polémil Bazar et Dobacaracol, entre autres.

La Rue Kétanou©Frédérique Ménard-Aubin-1035Quels styles de musique vous influencent le plus?

Nos influences viennent de partout, même d’ici!

En France on écoute beaucoup Richard Desjardins et Loco Locass. Sinon il y a aussi beaucoup d’influences de Rachid Taha, de Raïna Raï aussi, mais également de la musique brésilienne, sud-américaine et africaine.

Votre nouvel album Allons Voir aborde plusieurs sujets importants ainsi que des situations drôles. Il raconte aussi des histoires…

On ne se dit jamais c’est de tel ou tel sujet qu’on veut parler. C’est souvent des histoires de vies, des situations qu’on rencontre. On interprète aussi des situations qui ne nous sont pas systématiquement arrivées. Mais notre musique reste profondément attachée à nous.

La Rue Kétanou©Frédérique Ménard-Aubin-1024(Mourad) Moi j’ai pas mal voyagé en Amérique du Sud et c’est là que j’ai découvert le Charango, un instrument originaire des Andes, qu’on joue dans notre nouvelle chanson La Guitare Sud Américaine.

À un moment donné, juste avant une tournée en fait, j’ai commencé à y jouer et cela donne du coup une nouvelle couleur à la Rue Kétanou.

« En France c’est très cosmopolite. On vivait tous ensemble »

Et l’Afrique dans tout ça ?

Notre africanité se trouve dans le Ch’tah qui veut dire danser. On joue pas mal de temps en 6/8, qui est en fait la façon la plus naturelle pour nous de jouer. On a grandi avec des Africains, des Maghrébins. On a des enfants qui sont proches aussi de cette culture.

En France c’est très cosmopolite. On vivait tous ensemble, même si ces derniers temps on s’éloigne un peu [même s’il y a] une croissance inquiétante du communautarisme et de la stigmatisation des différents groupes.

Par exemple Grand Chlem pourrait vraiment parler de ce communautarisme qui peut-être un peu exacerbant. Ce titre parle de tous ces gens qui font leurs vies et qui font du bien sans pour autant être sous les projecteurs vu que malheureusement avec le temps on fait une espèce d’ode à l’esthétique et à la connerie qui est véhiculée par les magazines people et autres.

Rue-Ketanou-Francos2014-Touki-Montreal-3Comptez-vous aller faire des spectacles sur le continent?

J’ai (Florent) été joué au Ghana il y a quelques années et maintenant un musicien ghanéen veut que je l’accompagne à l’accordéon, pour des rythmiques que je ne suis pas sûre d’être techniquement capable de faire. (Rire)

Mais on aimerait bien aller jouer un peu partout en Afrique, retourner au Maroc, découvrir l’Algérie et ailleurs.

Quels sont vos projets ?

En ce moment j’écris (Florent) des paroles pour une chanteuse suédoise, Eskelina.

Pour moi (Mourad), je joue dans du théâtre avec Lazar et avec mon autre groupe Mon côté Punk. Je prends le temps de faire les choses… peut-être faire des bébés. C’est un bon présage ça!

Alors pour moi (Olivier) je prépare une opérette avec Lazar aussi, on va voir ça!

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