Congo: des veuves dynamiques

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Sous l’impulsion de la direction départementale des affaires sociales du Niari, des veuves de Mayoko à environ 300 km de Dolisie, retrouvent la dignité. Elles exercent un petit commerce et subviennent enfin seules aux besoins de leurs enfants.

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« Au lendemain de la mort de mon mari, je souffrais. Je ne pouvais pas subvenir aux besoins de mes enfants. Grâce aux aides des Affaires sociales, je vends l’huile d’arachide. Avec les bénéfices, j’arrive aujourd’hui à nourrir mes quatre enfants. Je peux m’acheter du savon ou du sel que je demandais avant aux voisines», se félicite Valentine Tsiesse.

Cette veuve a bénéficié, en 2013, avec une dizaine d’autres du district de Mayoko (300 km environ au nord-ouest de Dolisie, au sud du Congo), d’aides de la Direction départementale des affaires sociales du Niari (DDASN) pour exercer un petit commerce et se prendre en charge.

congolaise_FlickrElles vendent aujourd’hui de l’huile, de la pâte d’arachide ou du pétrole lampant. Elles ont été identifiées par la Circonscription des affaires sociales (CAS) à l’issue d’une enquête de 2013 dans tout le district de Mayoko. « Ces veuves remplissent le critère du niveau élevé de pauvreté pour bénéficier de nos aides ou dons. Nos aides se feront progressivement dans tout le district », promet Célestin Ngouma, chef de la CAS.

« Elles ne se moquent plus de moi »

Les petits commerces, que les premières bénéficiaires exercent devant leurs maisons chaque après-midi au retour des champs, sont fructueux, comme l’affirme Valentine Tsiesse : « Je vends facilement mes trois bidons de pétrole lampant de 75 litres. Le bénéfice est très important. »

Aujourd’hui, grâce à leurs activités, ces veuves ont surtout retrouvé leur dignité. « Avant, je demandais tout aux voisines (savon, sel, huile). Depuis que je vends, elles ne se moquent plus de moi. J’achète tout moi-même. Je nourris ma famille avec le bénéfice que je gagne (25 000 Fcfa, soit 38 € au moins par vente) », assure Honorine Tsoho, une vendeuse d’huile d’arachide.

Justine Ndongo, de son côté, se dit « libérée ! Par le passé, je ne savais pas où trouver l’argent pour payer ne serait-ce que les sandales de mes sept enfants. On les chassait pour non-paiement des frais des enseignants bénévoles. Aujourd’hui, ils vont à l’école. » Les proches apprécient aussi : « Grâce à de maman, on ne manque plus de nourriture, de savon ou de sel à la maison. On peut s’acheter des médicaments. Avant, c’était très difficile d’avoir tout cela… « , se souvient Nina Mbenga, fille d’une veuve.

Edmond Ngouyoubou, un jeune du village Mayoko-gare, se réjouit lui aussi : « On évitait de croiser ces femmes, car beaucoup d’entre elles demandaient l’argent. Désormais, avec ce qu’elles font, elles ne mènent plus cette vie de mendicité. »

« Contrat d’accompagnement« 

Pour éviter que ces veuves ne fassent faillite du jour au lendemain, la CAS a signé avec elles « un contrat d’accompagnement durant deux ans« , précise Célestin Ngouma.

Il souligne encore que, « pour leur permettre d’avoir la marchandise en permanence, je leur ai demandé de retirer le bénéfice et de me remettre le capital après chaque vente pour payer à nouveau la marchandise et venir la leur donner. Le transport est à la charge de la CAS. Ces aides ne sont pas remboursables », conclut le chef de la CAS.

De son coté, Emilienne Poungui, chef du village de Mayoko-gare, pense plutôt à encourager davantage les veuves à développer leurs activités : « Elles ont reçu des tenues et des aides. Nous allons trouver de l’espace pour créer un petit marché, afin qu’elles ne vendent plus seules devant leurs parcelles, mais plutôt ensemble. »

Une idée saluée par le chef de la CAS et les veuves elles-mêmes. Joséphine Tsoho, vendeuse de pate d’arachide, exprime sa détermination : « Si nous vendons ensemble dans un marché, il y aura davantage de dynamisme et de volonté. »

Par Victor Bivihoufemme_congolaise

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