L’invitation de Théo Ananissoh publié aux éditions Élyzad

Quoi de mieux que de se servir du regard et des appréhensions des autres pour se faire une idée d’où on vient, encore plus quand il s’agit de l’Afrique ? C’est à peu de chose près le défi que s’est imposé l’auteur d’origine togolaise Théo Ananissoh dans son ouvrage L‘invitation paru aux éditions Élyzad

Dans ce livre publié chez l’éditeur tunisien après le succès de Ténèbres à midi, chez Gallimard, Theo, auteur et personnage principal, est en résidence d’auteur en France, principalement dans la petite bourgade de Moisant, au nord de la Loire. Il est invité par la Maison des écritures de ce village de mille habitants et s’installe donc dans un ancien presbytère.

Invitation-théo-Ananissoh«Théo Ananissoh nous convie à le suivre dans une observation fine des joies et des peines de « villageois » français. Venu d’ailleurs, il évite cependant tout exotisme. Par-delà, son regard attentionné et sensible fait de Moisant le tranquille théâtre d’un questionnement sur la condition humaine. »

Pendant quatre mois, il va rencontrer les habitants et habitantes de ce patelin qui au gré des occasions n’hésiteront jamais à faire part de leur sentiment sur le continent noir « Qu’est ce qu’on mange comme fruits en Afrique ?, page 104 ».

Il y aura des initiés de l’Afrique, ceux qui ont beaucoup lu, ceux qui ont côtoyé des enfants du continent, qui y sont allés, qui y sont nés et tous les autres.

Résidant en Allemagne, le romancier togolais s’interroge sur le quotidien des autres, de l’Occidental, dans cette façon de concevoir la vie, la jeunesse, mais également et surtout le troisième âge.

Pour Theo, l’exercice s’assimilera quelque part à une introspection sur soit même. Le comportement et le regard des autres auront sur lui un effet miroir intéressant. Il se livrera par exemple sur sa proximité avec sa mère ainsi que sur son non amour avec son père, représentant d’une autorité tutélaire d’une autre époque peut-être à jamais révolue.

L’Invitation, c’est aussi celle du plus curieux des personnages de ce roman. Il s’appelle Louis Ribassin et il a « si longtemps et si bien conseillé des tyrans africains ». Il a vécu en Afrique, mais vit désormais dans un château à Moisant, le Fazao. Il est très craint dans la région, et pour cause. On lui prête un passé de chantre de la France-Afrique, de faiseur puis de défaiseur de carrière.

À l’image d’un père donneur de leçon, le personnage de Ribassin n’impressionnera nullement le narrateur. Pire, le moment tant attendu par le lecteur, que l’auteur se donne un malin plaisir à « teaser », ressemblera plus à une discussion épique et à sens unique de type père-fils.

Théo Ananissoh a publié Lisahohé (2005), Un Reptile par habitant (2007), Ténèbres à midi (2010), aux éditions Gallimard, mais également Vingt ans plus tard chez Elyzad. Né de parents togolais en 1962 en Centrafrique, Théo Ananissoh a ensuite passé son enfance et son adolescence dans les deux pays.

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