Dispersés dans Babylone du dessinateur Jérémie Dres

Disperses-Babylone-02Dans une sublime BD/enquête publiée chez Gallimard, Dispersés dans Babylone, le dessinateur Jérémie Dres se propose d’unir deux réalités que tout semble séparer: le judaïsme et le rastafarisme, au risque de se faire une meilleur idée sur son identité personnelle.

C’est l’histoire d’un juif ashkénaze qui décide d’aller jusqu’au bout de son amour inconditionnel pour sa passion : le reggae.

Épris de diversité et habité par une soif de connaissance de la différence, il va avec la bénédiction de sa conjointe partir jusqu’en Éthiopie, à la recherche du savoir. En réalité, l’idée est de comprendre pourquoi cette musique rastafari puise une partie de son inspiration dans le judaïsme.

« Le reggae a accompagné toute l’adolescence de Jérémie Dres, mais il ne s’était jamais rendu compte que les chansons qu’il écoutait alors fassent très souvent référence au judaïsme et à Israël. Fort de cette révélation, il se demande quelle relation peut exister entre ses ancêtres juifs et les rastas. Une enquête pleine de surprises qui le mènera d’Addis-Abeba à New York. »

Comment des mots comme Zion, Israelite, Exodus se retrouvent dans les compositions de Bob Marley, Sizzla, Burning Spear, Johnny Clarke, Desmond Dekker et autres chantres de ce style musical qui attire les pires préjugés ?

De Roissy-Charles de Gaulles à New York, en passant par Addis-Abeba, ou le Bronx, le curieux mélomane va découvrir ce qui unit à la fois le roi Salomon, Marcus Garvey, le Négus Hailé Sélassié et Arnold Ford. Que sait-on de ce dernier, premier rabbin de Harlem? Quel est le lien entre les Falachas, ces juifs noirs, et le Reggae, mais également avec Théodore Herzl, fondateur de l’entité sioniste.

Un peu comme Joann Sfar et même dans une moindre mesure Riad Sattouf, Jérémie Dres propose une belle enquête documentaire avec l’identité comme thème central. En ce sens, Dispersés dans Babylone offre aux lecteurs du genre un réel plaisir. Si le lecteur reste fondamentalement attaché à l’histoire, mentionnons également la qualité du dessin, le choix approprié des couleurs et le très haut niveau du scénario.

Diplômé des Arts décoratifs de Strasbourg, Jérémie Dres travaille depuis 2007 comme graphiste et illustrateur. On lui doit Nous n’irons pas voir Auschwitz (Cambourakis), sélectionné pour le prix France Info 2012 de la bande dessinée d’actualité et de reportage. Déjà avec ce premier ouvrage, il s’était aventuré dans une autre enquête, au cœur des quartiers juifs de Varsovie.

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