I’ve Seen The Unicorn aux RIDM : le tiercé de l’île Maurice

Projeté lors de l’édition 2014 des Rencontres internationales du Documentaire de Montréal (RIDM), le film I’ve Seen The Unicorn, de Vincent Toi, est un documentaire original qui s’intéresse au plus grand évènement annuel de l’île Maurice, la coupe Maiden, une course de chevaux.

À travers, différents regards de Mauriciens impliqués directement ou non dans cette compétition équestre – créée en 1843 -, le réalisateur, natif de l’île, montre un évènement plus que sportif, une tradition et en quelque sorte le dernier vestige du colonialisme britannique.

Ils sont six protagonistes à évoquer leur vision de leur coupe Maiden à eux. Chacun y va de son histoire, son anecdote, et ce, toujours avec un regard de passionné.

Ive-seen-the-Unicorn-01Le jeune Alvinio, par exemple, se voit devenir le vainqueur de la mythique course, d’ici quelques années.

Passionné de courses, Georgie travaille dans la construction et parie sur les courses régulièrement. La coupe Maiden est la possibilité pour lui de pouvoir empocher le gros lot.

Robbie, 40 ans, est jockey et veut conserver son titre gagné l’année dernière. Ah-Sen Li est bookmaker. Les courses rythment sa vie. Enfin, Soon Gujadhur est propriétaire de la plus vieille écurie du pays, son but est de placer un de ses poulains sur la plus haute marche du podium.

Le réalisateur mauricien filme avec un regard complice ses compatriotes. Il arrive à transmettre à travers des séquences simples, un attrait pour l’île et son peuple.

Pour un État en pleine reconstruction, cette journée est une fête qui permet de réunir toutes les castes de l’île derrière une passion commune et un engouement sans précédent. Les avis proposés sont complémentaires et apportent une tendresse particulière pour certains protagonistes suivis.

Une des interrogations que l’on peut se poser, est l’absence du regard féminin pour cet évènement. Vincent Toi s’est abstenu d’un regard féminin, ce qui peut paraître surprenant alors que des femmes sont présentes sur les champs de courses. Ce point de vue n’aurait pas altéré la qualité du documentaire et aurait permis de découvrir une vision complémentaire de celle des hommes de l’île.

Reste que le documentaire permet de mettre en valeur l’île Maurice. Découverte par les Phéniciens pendant l’Antiquité, l’Île a véritablement connu son émancipation avec le départ des Britanniques, le 12 mars 1968, jour de la signature de son indépendance.

Vincent Toi propose sa carte postale, à travers une passion intergénérationnelle. Sa réalisation est aussi simple qu’efficace pour une course qui restera pour de longues décennies une fierté nationale.

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