Dans le jardin de l’Ogre, de Leïla Slimani

Dans son premier roman publié dans la prestigieuse collection Blanche de Gallimard, Dans le jardin de l’Ogre, Leïla Slimani dresse le portrait d’Adèle, une femme à la libido insatiable, remplie de nuances et de contradictions.

Jardin-logre-leila-slimaniConsidérée par beaucoup comme une bourgeoise bien adaptée dans son Paris 18e, Adèle a tout pour être heureuse. Journaliste de presse écrite, elle est l’épouse de Richard, un gastroentérologue renommé et apprécié de tous. Mais voilà, très vite, l’auteur présente une femme qui n’aime pas sa vie et qui ferait n’importe quoi pour y rajouter un peu de piquant, d’excitation… au sens propre.

S’occuper de sa famille? Comment et pourquoi? Chaque moment passé avec son fils semble la dégoûter. Comme si Adèle n’avait finalement pas choisi cette vie qu’elle mène. Obtenu par ses connaissances, faute d’avoir pu devenir actrice, son travail ne lui plaît pas. Elle préfère être regardée que «montrer»  car, pour elle, le regard rime avec le désir.

Adèle est une femme à la libido insatiable. Le sexe est pour elle un moyen d’exister parmi les autres. Seulement, la vision qu’elle en a est à la limite gênante et dégradante pour la femme.

«[Elle]veut qu’on la saisisse […]. Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu’on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l’ogre.»

La journaliste multiplie les amants comme s’il s’agissait d’objets. Elle dit aimer Richard et le préserver de tous ces vices. En réalité, elle excuse ses tromperies par la naïveté de son mari. Tous les hommes sont de potentiels amants jusqu’au collègue de son mari, Xavier. C’est d’ailleurs cette dernière idylle qui viendra mettre un terme aux agissements Adèle.

Tout au long du roman, le lecteur se retrouve nez à nez avec la sexualité d’Adèle, vécue comme un fardeau. S’il est vrai que Leila Slimani expose aux lectrices et lecteurs un cas d’une femme qui confronte les codes sociétaux jusqu’à des limites effrayantes, Dans le jardin de l’ogre, est aussi un texte d’amour.

Amour propre, amour des autres, amour de la vie et de la mort en même temps, bref… Adèle n’est pas uniquement une «salope» comme d’autres protagonistes peuvent le penser… mais plutôt une femme qui se cherche dans les passions dangereuses et meurtrières.

382 mots

 

 

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