Blue Note, tome 1 et 2, de Français Mikaël Bourguin et Mathieu Mariolle

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«Blue Note» a des airs de déjà-vu. À quelques jours de la fin de la Prohibition, Jack Doyle, boxeur au passé glorieux, décide de revenir dans la ville de ses exploits, le temps d’un dernier combat.

Blue-Note_CouvertureSon but est d’obtenir des réponses. A-t-il mérité ses victoires ou n’a-t-il été que le jouet des mafiosi et autres escrocs qui gangrènent cette métropole jamais identifiée dans les deux tomes?

Entre bars illégaux, policiers corrompus et règlements de comptes, l’Amérique des années 30 racontée par les Français Mikaël Bourguin (dessin et scénario) et Mathieu Mariolle (scénario) est on ne peut plus classique.

Des cinéphiles auront pensé rapidement aux  vieux films de gangsters américains ou «Untouchables» de Brian de Palma; d’autres auront repéré les clins d’œil au maître du roman noir, James Ellroy.

Il faut attendre d’ouvrir le second opus pour découvrir une des rares originalités du scénario, une grande partie du même récit de nouveau racontée, cette fois à travers les yeux d’un jeune surdoué noir, Ray Jameson.

À peine débarqué du Mississippi, le musicien fait découvrir son immense talent au public réuni dans le plus célèbre établissement de la ville, tenu par un truand sicilien. Sans surprise là encore, le succès de l’artiste se révèlera aussi fulgurant que bref.

Sans véritable coup d’éclat narratif, il reste un peu difficile de s’attacher aux personnages et à leur destin. En réalité, l’intérêt de «Blue Note» se trouve ailleurs, dans ses sublimes dessins. Ces œuvres magnifiées à l’encre nous secouent autant – voire bien plus – que les morceaux de Jameson ou les punchs de Doyle.

Les couleurs choisies parviennent à restituer l’atmosphère d’une ville cannibale, prête à chaque moment à manger ses propres enfants, quelles que soient leur couleur de peau et la hauteur de leur talent. Jusqu’au bout, celle qui serait presque le personnage principal de «Blue Note» fascine autant qu’elle révulse, rend fous presque tous ceux qui la croisent, avec ou sans l’aide de l’alcool.

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