«Mugshot» de Dennis Mohr au FIFA 2015: des photos pas comme les autres

Les plus célèbres d’entre elles ont fait le tour du monde. D’Al Capone à Michael Jackson, en passant par O.J. Simpson, Jay-Z ou Mike Tyson, les «mugshots», ces photos d’identité judiciaires prises à la suite d’une arrestation, ont marqué l’opinion publique.

Mugshot-Dennis-MohrMugshot, documentaire canadien présenté au Festival international du film sur l’art (FIFA) (trois diffusions sont prévues, les 21, 22 et 27 mars), s’intéresse de son côté aux photos d’anonymes, prises pour la plupart il y a plusieurs décennies. Bien qu’inconnus, ces visages conservent pourtant le même pouvoir de fascination que ceux des célébrités.

Le réalisateur Dennis Mohr donne la parole à de nombreux artistes conquis par cette documentation que certains comparent à de véritables créations. Ils les ont même utilisées pour leurs propres œuvres.

Ainsi, après les avoir retravaillées, Mark Michaelson les impriment et les placardent sur les murs de New York. «Elles renferment beaucoup de puissance. Elles disent une histoire. Comme l’Histoire d’une Amérique qui n’a pas encore été racontée», explique-t-il.

Plus décennies auparavant, déjà, Andy Warhol avait lui-même placardé les portraits des 13 criminels les plus recherchés des États-Unis sur la façade d’un des édifices accueillant la Foire internationale de 1964. Choquées, les autorités avaient alors demandé qu’on recouvre le mur de peinture quelques jours à peine après son installation.

Mugshotde Dennis Mohr-02Pour les artistes qui les utilisent aujourd’hui, il s’agit de «sauver» ces photos de l’oubli.

L’écrivain Diarmid Mogg a même quitté son Écosse natale pour se rendre à New Castle, en Pennsylvanie, afin de retracer le destin de certains des visages découverts. «J’ai commencé à me voir comme quelqu’un qui voulait arrêter que ces gens disparaissent», raconte-t-il.

Les photos plus anciennes frappent par l’expression des visages des personnes arrêtées, au point de faire regretter l’arrivée de la technologie numérique.

Peu importe ou presque qui ces hommes et femmes sont et quels sont leurs méfaits (parfois terribles) : ils deviennent comme des peintures qui ont une autre vie que leurs modèles.

Néanmoins, pour d’autres personnes interrogées, les «mugshots» constituent seulement une bonne opportunité pour faire de l’argent et de divertir le public. En Caroline du Nord, le journal The Slammer s’est fait la spécialité de publier ces photos quelques heures après qu’elles eurent été prises par la police, comme l’autorise la loi.

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