L’œil du cyclone de Sékou Traoré

Oeil-Cyclone-2014.359 Étalon de  bronze au dernier FESPACO, L’Oeil du cyclone de Sékou Traoré a été sélectionné comme film d’ouverture du 31e Festival de cinéma Vues d’Afrique. L’occasion pour les Montréalais de découvrir un sublime film, présenté hors compétition et aussi d’actualité qu’il y a 50 ans.

C’est l’histoire d’une brillante avocate d’un pays d’Afrique, Emma Tou (Maïmouna N’Diaye) qui, à la demande du bâtonnier, jongle avec l’idée de prendre la défense d’un des plus grands criminels du pays, Blackshouam (Fargass Assandé). Dans cet État qu’on ne connaît pas, un mouvement «rebelle» sévit dans une partie du pays et occupe notamment les zones minières.

Fils d’un dignitaire du régime (Serge Henry), cette jeune avocate idéaliste passée par l’occident doit faire attention pour ne pas se retrouver au cœur de la tempête d’un printemps africain qui ne dit pas son nom. Le patriarche de président a décidé d’adopter la transparence, tout en préparant le trône pour son fils.

Oeil-cyclone
Isaka Sawadogo, Fargass Assandé, Maïmouna N’Diaye

Premier film de fiction du cinéaste, L’Oeil du cyclone est adapté de la pièce du même nom de Luis Marques, créée à Ouagadougou en 2005.

Avec ce film qui navigue entre suspens prenant et drame sur fond dictature douce, le cinéaste burkinabé Sékou Traoré raconte pendant 90 minutes la vie de politiciens, mais aussi de «pseudo rebelles»  instrumentalisés par le pouvoir, la corruption, la collusion et la cupidité.

Le film aborde les contradictions de l’Afrique, met en perspective le phénomène des enfants soldats et les blessures psychologiques profondes que vivent ceux qui finissent par devenir adultes. Sans jamais donner de réponses claires, le long-métrage s’interroge aussi sur la véritable identité de ceux à qui profitent les guerres et les crimes en Afrique.

Sekou-TraoréNé en août 1962 à Bobo Dialousso, au Burkina Faso, Sékou Traoré a suivi des études de cinéma à l’Université de Ouagadougou et au Conservatoire libre du cinéma français de Paris.

En 1997, il a remporté le prix du meilleur documentaire avec son film Ismaël, un exemple du courage. Il a également travaillé avec plusieurs cinéastes, notamment Abderrahmane Sissako (Timbuktu) et Mahamet Salé Haroun (Un Homme qui crie).

Au FESPACO, L’Oeil du cyclone a remporté sept prix au total : Étalon de Bronze, prix Oumar Ouganda de la FEPACI (Fédération panafricaine du cinéma), prix de l’intégration de la CEDEAO (Commission économique et douanière de l’Afrique de l’Ouest), prix du meilleur acteur pour Fargass Assandé, prix de la meilleure actrice pour Maïmouna N’Diaye, prix Sembene Ousmane de la Fondation Ecobank,  prix de l’UEMOA (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest).

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.