L’Algérie c’est beau comme l’Amérique d’Olivia Burton et Mahi Grand

Publié chez Steinkis, L’Algérie c’est beau comme l’Amérique de Mahi Grand et Olivia Burton est une véritable déclaration d’amour à l’Algérie, qu’elle soit française ou algérienne.

Algerie-Beau-Comme-AmeriqueC’est l’histoire d’Olivia, 40 ans, descendante de pieds noirs. Sa mère tout comme son arrière-grand-mère ont vécu en Algérie jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible pour eux d’y rester. Pendant au moins dix ans, l’héroïne a caressé le rêve de découvrir une partie d’elle, mais n’avait jamais osé.

«Trop dangereux », « Mais tu es folle ! Tu vas te faire tuer ! » clamaient ces détracteurs, au premier rang duquel, sa mère.

Elle a fini par avoir raison des autres et a ainsi pu faire Le voyage de sa vie, toute seule, pratiquement cinquante ans après l’indépendance.

Débarquée à Alger, elle rencontre un certain Djaffar, un Algérien de France (ou plus tôt l’inverse), avec qui elle va faire la route en remontant le temps, à l’inverse de ce qu’avait fait sa famille au moment le plus violent de la guerre, en 1962.

Avec son guide, celle qui est devenue prof de français, va faire un long pèlerinage qui va la conduire dans Les Aurès, d’abord à Corneille (devenue Merouana), où vivaient les Fabry, à Bernelle, maintenant Oued el-Mam chez les Martin, puis sur la rue Édouard-Cat, à Alger.

Publié en janvier 2015, ce sublime roman graphique de 180 pages renseigne avec délicatesse le sort de ces enfants d’ailleurs qui n’ont pas toujours le courage de retourner sur les terres qui les ont vus naître.

Algerie-Amerique-Steinkiss-paysageIl donne aussi un aperçu de la beauté du pays, ne serait que les paysages des Aures qui malgré le temps a gardé de sa superbe.

Cette oeuvre remarquable, tantôt voyage initiatique, souvent épreuve de psychanalyse, tend également à démontrer qu’entre la France et l’Algérie, il y a un lien fort que l’histoire ne brisera jamais.

La relation entre Olivia et Djaffar témoigne d’ailleurs de cette de « je t’aime moi non plus » qui finira sans aucun doute, de nouveau, par un autre coup de foudre entre ces nations père-fils et devenu frères. L’autre preuve, si besoin, c’est l’accueil aujourd’hui des Algériens dans la maison de ceux qui sont partis hier qui donne l’espoir que demain, la terrasse sera occupée par tout le monde.

L’auteure Olivia Burton est agrégée de lettres modernes. Elle a réalisé deux documentaires et écrit deux BD. Le dessinateur Mahi Grand s’est formé au dessin aux ateliers Met de Penninghen. En plus de concevoir des décors pour le théâtre, le cinéma, et la danse, il peint et sculpte.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.