Blick Bassy assure en concert à Paris

Blick-Bassy-photosOn a vanté les mérites de son troisième album Akö. Qu’est ce que Blick Bassy nous a maintenant concocté pour la scène ? Eléments de réponse le 3 juin dernier, au Café de la Danse à Paris.

PARIS. On se croirait transporté dans la chambre de Blick, adolescent. Les lumières tamisées dévoilent une calebasse au sol, une lampe de chevet sur la droite, tandis qu’un projecteur à bandes envoie des vieilles images d’Afrique sur le mur, juste au dessus d’une photo de Charlie Chaplin. L’image de l’acteur est peu anodine. Elle illustre bien ces années trente qui ont influencé l’artiste camerounais dès son enfance.

Muni de son banjo, Blick commence d’ailleurs sa performance avec une reprise de Skip Jones. Car c’était bien devant le portrait du bluesman américain, fièrement affiché entre ceux de Thomas Sankara et Marvin Gaye, que blotti devant sa chaudière en plein hiver, il eut ses premières inspirations de compositeur.

Le chanteur est rejoint par ses deux compères musiciens, Fidel Fourneyron au trombone et Clément Petit au violoncelle. Et dans une atmosphère feutrée, ils enchainent des titres majoritairement issus d’Akö, donc en langue bassa.

On se rend vite compte que ce concert n’a rien de banal ; c’est même tout l’inverse. L’effort évident de mise en scène ravi le public, que ce soit dans les décors ou la présence de danseurs qui arpentent les gradins pleins à craquer.

Blick_Bassy(c)Denis_Rouvre_1468403Mention spéciale à Clément Petit. Que ne sait-il pas faire ? On se le demande. Tour à tour, le violoncelliste tape sur ses cordes, les gratte au médiator ou transforme l’instrument en percussions multi-usages. Un vrai plaisir pour les oreilles, mais aussi pour les yeux.

Blick, quant à lui, se concentre sur son atout naturel : chanter, tantôt avec douceur, tantôt avec furie, tout en racontant nombre d’anecdotes sur sa vie au Cameroun et sa vision touchante de nouveau venu en France.

Le public la réclame. Le groupe termine donc sur One Love, avant que Blick ne fasse une dernière interprétation en solo.

Il est loin le temps où ils répétaient dans la cave de Petit au milieu de la nuit, réveillant au passage ses enfants. On sent un groupe mûr pour la scène. Leur blues avait déjà séduit sur album, le verdict en concert confirme qu’ils sont les musiciens à ne pas manquer en ce moment. Alors si vous entendez que Blick Bassy passe prêt de chez vous, arrêtez tout de suite ce que vous faites et courez aller le voir !

One Love live au Café de la Danse :

Par Nicolas H. Roux

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE