Petit piment d’Alain Mabanckou

Après la publication de deux ouvrages à saveur autobiographique, l’auteur congolais Alain Mabanckou a repris son bâton de romancier et se propose avec Petit piment de faire redécouvrir d’autres facettes du pays qui l’a vu grandir.

Tout comme l’auteur, le  personnage central de nouvel ouvrage a passé une partie de sa vie à Pointe-Noire. Mais là s’arrête, on imagine, les points communs avec le nouveau roman de l’auteur derrière Demain j’aurai vingt ans et Lumières de Pointe-Noire.

Alain-Mabanckou-Petit-PimentMoise, de son vrai nom Tokumisa Nzambe po Moe yamoyindo abotami namboka ya Bakoko (Rendons grâce à Dieu, le Moie noir est né sur la terre des ancêtres, en lingala), a été  élevé  dans un orphelinat de Loango, à 20 km de la ville.

«Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako»

Sous le joug du directeur Dieudonné Ngoulmoumako, le jeune Moise va apprendre à vivre d’abord sans ses parents au milieu d’autres orphelins, puis sans les quelques rares personnes avec qui il a développé une certaine tendresse.

Aussi corrompu que dictateur, le directeur de ce centre va notamment écarter le père « Papa » Moupelo et une femme devenue une sorte de mère pour le héros del’ouvrage. Rapidement, celui qui deviendra Petit Piment va perdre ses repères, à l’image de ce pays.

Il finira dans les rues de Pointe-Noire dans un réseau de petits truands mis en place par deux jumeaux rencontré à l’orphelinat.

Alain Mabanckou avait habitué ses lecteurs à des scénarios puissants ancrés dans les récits de son pays natal. Avec son nouveau roman, il continue sur cette même lancée. Corruption, tribalisme viscéral, abandon de l’autre et sauve-qui-peut pour vivre dans un monde d’extrême violence : voilà le portrait que dépeint le prix Renaudot 2005.

Il y a également une partie de l’histoire de l’Afrique qui est racontée dans ce roman de 288 pages. Les accointances communistes de certains pays, l’instrumentalisation du socialisme à  la sauce africaine et ses effets pervers -comme cette horde de bâtards cubanos-congolais – révèle, s’il était encore à démontrer, la force de caractère d’un continent voué peut-être  aux pires souffrances.

La force du Franco-Congolais dans ses écrits réside toutefois dans sa capacité  à faire comprendre à ses lecteurs la relativité des choses. La fin triste de ce roman remet ainsi en perspective toutes les initiatives  de l’être humain face à  la seule chose qui compte hier, aujourd’hui et demain: la vie!

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