FIFBM: « My Father’s Land », une brutale réalité de l’exode

Le Festival international du Film Black de Montréal a offert aux montréalais My Father’s Land : l’histoire de Papah Jah qui a quitté sa patrie, Haïti, il y a 41 ans pour s’installer aux Bahamas dans le but d’améliorer sa qualité de vie.

My Fathers LandRéalisé par Miquel Galofré et Tyler Johnston, My  Fathers’ Land offre un portrait touchant, comique et surtout authentique de Papah Jah, un haïtien ayant quitté son pays en 1974 et vivant aux Bahamas. Après quatre décennies d’absence, il décide de rendre visite à son père âgé de 103 ans.

La pénurie d’emploi est une raison énumérée par le protagoniste de ce documentaire. Cela causera sa fuite sans regarder en arrière. Il dira avoir passé sept jours en mer pour se rendre aux Bahamas.

Papah Jah nous amène d’abord dans son quartier ou il vit depuis presque toujours depuis son arrivée aux Bahamas, The Mud.

On découvre alors le quotidien de plusieurs exilés sans papier, comme Papah Jah, qui vivent ou plutôt survivent, menant une vie misérable dans des conditions insalubres : aucune eau potable et pas de courant. My Father’s Land expose l’échec résultant d’une quête désespérée à réaliser un rêve aujourd’hui déchu.

Papah Jah et d’autres témoigneront de leur vie pitoyable, mais surtout de la peur constante de leur renvoi par le Département de l’Immigration des Bahamas.

Même les enfants des immigrés illégaux haïtiens, malgré leur naissance sur le sol bahamien, sont menacés d’être expulsés.

Déchirement entre l’amour pour une patrie et le sentiment de survie

Papa Jah dira toujours être fier d’être Haïtien. Aussitôt arrivé, il sera plus que ravi de fouler la Mère Patrie. On sentira immédiatement une réelle symbiose avec ses origines haïtiennes. Mais le plus touchant est la rencontre de deux générations, père et fils, comme si c’était hier, il y a 41 ans de ça.

Certes, Papa Jah ne posera ses valises que quelques jours avant de repartir pour les Bahamas. Toutefois, son amour pour Haïti demeure incontesté.

My Father’s Land a remporté le prix Amnistie International des droits humains en 2015.

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