RIDM 2015: Callshop Istanbul, un centre rempli d’humanité

Projeté les 19 et 22 novembre aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal, «Callshop Istanbul», de Hind Benchekroum et Sami Mermer, suit l’itinéraire d’une dizaine d’immigrants arrivés dans la ville turque en quête d’une vie meilleure.

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L’ancienne Constantinople, carrefour reliant deux continents, réunit différentes cultures et nationalités. Le constat est encore plus vrai dans un centre téléphonique où se croisent Irakiens, Syriens, Sénégalais ou encore Béninois.

Istanbul a pu symboliser pour ces hommes et femmes fuyant la misère et la guerre un espoir de jours meilleurs. Néanmoins, les appels faits dans leur pays d’origine montrent que la déception est très souvent au rendez-vous.

Ainsi, le travail est rare, la langue difficile à appréhender, le chemin de l’Europe barré, sauf à confier sa vie à un passeur avide d’argent qui entasse des dizaines de bateau sur un bateau de fortune.

Certains préfèrent rebrousser chemin, comme ces jeunes Irakiens qui se promettent toutefois de quitter de nouveau leur pays dans un futur proche. Des Béninois s’envolent pour Kinshasa, en République démocratique du Congo, espérant trouver une autre route pour rejoindre le Vieux Continent.

callshop4À l’heure où les réfugiés représentent un sujet brûlant dans la plupart des pays occidentaux, «Callshop Istanbul» a le grand mérite d’humaniser la figure de l’immigrant devenue irrationnelle dans la plupart des débats médiatiques.

Aucune leçon n’est donnée. Seule la réalité est montrée, telle celle d’un père syrien dévasté parce que ses appels dans sa famille restée sur place demeurent sans suite. Elle répond à celle d’un Sénégalais égaré, piégé par l’alcool, ne sachant plus où aller, refusant de rentrer chez lui où la situation s’est aggravée.

Hind Benchekroum et Sami Mermer ont dédié ce documentaire à «ceux qui sont loin de chez eux». Pour notre part, nous leur en savons gré de si bien parler d’eux.

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