« Race »: une course entre la vérité et l’honneur

Race_8x10Coïncidant avec le Mois de l’histoire des Noirs, la pièce RACE est présentée du 17 février au 26 mars 2016 sur les planches du Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts de Montréal. Ce suspense écrit par l’auteur américain David Mamet et traduit par Maryse Warda, soulève des questions délicates, suscite une confrontation des sentiments et ébranle certaines convictions.

Dans un cabinet d’avocats de New York, Henry Brown et Jack Lawson sont deux associés. L’un Noir (Frédéric Pierre) et l’autre Blanc (Benoît Gouin), font face à un dilemme quand un nouveau client blanc passe leur porte et demande leur service: il est accusé d’avoir violé une femme noire (Myriam De Verger).

Les faits de la cause évoquent inévitablement un malaise racial: la fortune et la célébrité de l’accusé, l’idée du rapport de force entre Blancs et Noirs dans la vie quotidienne et plus particulièrement entre l’homme blanc et la femme noire.

Race-01-Caroline-Lepage-CourtoisieIl est à noter que les expressions faciales des comédiens et le rythme de leurs répliques parlent fort dans cette pièce mise en scène par Martine Beaulne.

Le spectateur sera sans cesse appeler à se demander qui dit vrai. Est-ce que l’accusé est coupable ? Ces avocats sauront-ils établir une stratégie assez solide pour gagner ce procès? Quelles répercussions aura cette cause sur la réputation du cabinet et de ses associés?

Tout au long de l’intrigue, les inconforts quant aux propos racistes dévoilés prennent de l’ampleur. Le pragmatisme et l’ambition des associés deviennent teintés par leurs convictions profondes, leurs peurs,  leurs perceptions.

Racisme caché? Ignorance déguisée? Vengeance tant attendue? les questions s’accumulent

Plus qu’une réflexion mais un appel à un changement d’attitude

Race-03-Caroline-Lepage-CourtoisieLe spectateur, invité à devenir jury dans cette affaire peut difficilement ignorer les interrogations naissantes et imposées par les propos abordés au cours de la pièce.

Le racisme, qu’il soit insidieux ou catégorique, est donc présenté comme un prisme devant l’être humain: chacun peut lui donner le pouvoir de réfracter la portée des dommages qu’il peut causer, de miroiter l’essence même de ses assises et pousser à une sérieuse réflexion ou de le laisser continuer à diffuser et perpétuer des messages haineux, blessants et humiliants.

Le dénouement surprenant de l’intrigue amène à comprendre qu’il s’agit d’un effort tant individuel que collectif.

Race est présentée jusqu’au 26 mars 2016 au théâtre Jean-Duceppe à Montréal.

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