Lauryn Hill à Montréal : une fabuleuse artiste qui prend son temps

_©Denis ALIX_Ms LAURYN HILL-010Fidèle à sa légende, Ms Lauryn Hill s’est fait désirer mercredi, arrivant, comme la veille, sur la scène de salle Wilfried-Pelletier avec environ une heure de retard. Le public montréalais du Festival de jazz ne lui en a pas tenu rigueur, grâce au talent d’un DJ chargé de faire oublier cette attente. Mission accomplie: il a fait danser toute la salle avant même que la star de la soirée pointe le bout de son nez.

Fidèle à sa légende (bis), la voix de l’ex membre des Fugees a touché au sublime et l’artiste américaine a livré une performance qu’on pourrait presque qualifier d’unique.

Même en cherchant fort, on peine en effet à citer un chanteur capable aujourd’hui d’insuffler cette énergie et cette profondeur dès les premières secondes d’un concert, ici sur «Conformed to Love».

_©Denis ALIX_Ms LAURYN HILL-008Les arrangements de certains morceaux pourront peut-être en avoir déconcerté plus d’un. Sur un tempo bien plus que rapide que leur version d’origine, il a même fallu quelques secondes pour reconnaître «Everything is Everything» ou «Ex-Factor», tubes de son premier (et seul!) album solo, «The Miseducation of Lauryn Hill», qui lui a valu 5 Emmy Awards en 1999.

Pas de quoi néanmoins entacher la joie des spectateurs, forcément gagnés par une Lauryn Hill en transe, rappant, dansant avec ses choristes et maîtrisant le scat avec maestria.

_©Denis ALIX_Ms LAURYN HILL-019Cette belle folie est encore montée d’un cran grâce à une une seule phrase : «Je crois que Montréal compte quelques admirateurs des Fugees !», a lancé la chanteuse avant de reprendre «Fu-Gee-La», «Ready or Not» et «Killing Me Softly», les plus grands tubes du trio qu’elle formait avec Wyclef Jean et Pas.

Au «moment Fugees» ont succédé les hommages à Bob Marley («Jammin», «Is this Love», «Could you be loved») et à Sade («Sweetest Taboo», «Your Love is King»). Évidemment, Nina Simone, en l’honneur de qui Miss Hill a produit un disque hommage l’an passé, était de la partie, avec une magnifique version de «Feeling Good» et «Ne me quitte pas», en français s’il-vous-plaît, chanson de Brel reprise par Simone en son temps.

«Doo-Wop (That Thing)» a conclu ce formidable concert de quelque deux heures. Deux des six enfants de la chanteuse sont venus sur scène puis Lauryn Hill a pris le temps de serre quelques mains. On aurait même dit qu’elle avait du mal à partir après avoir mis un certain temps à arriver.

Photo: Denis  Alix, FIJM 2016

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.