Juste pour rire: un «French Kiss» au goût amer

Le festival Juste pour rire a décidé d’inviter des humoristes français bien connus de l’autre côté de l’Atlantique dans le cadre de la série «French Kiss». À l’occasion de la fête nationale française, le 14 juillet, Touki Montréal a assisté aux spectacles d’Éric Antoine, Mathieu Madénian, Baptiste Lecaplain, à l’Astral, lors d’une soirée ternie par un attentat dans la ville de Nice (plus de 84 morts).

Mathieu-MadenianMathieu Madénian, un humour fin avec l’accent du sud

C’est donc Mathieu Madénian, comédien, humoriste et chroniqueur de «Charlie Hebdo» (il a échappé miraculeusement à la mort après l’attentat de janvier 2015 qui a tué 11 membres du journal satirique) originaire de Perpignan, dans le sud de la France, qui a ouvert les festivités à L’Astral. C’est avec un brin d’anxiété que celui qui a joué aux côtés de Sophie Marceau et Patrick Bruel dans la comédie romantique «Tu veux ou tu veux pas» s’est présenté devant le public montréalais à 18h30.

«Ici, personne ne me connaît. J’espère quand même vous faire marrer», a-t-il lancé d’entrée de jeu. Il s’en est pas mal sorti, car il a fait l’effort d’adapter une portion de son spectacle pour son passage au Québec.

En plus de n’avoir été aucunement impressionné par le mont Royal, il s’est par la suite moqué de Denis Lévesque. «Il est payé pour faire ça ce mec?» a demandé le comédien, dubitatif, avec son inimitable petit accent du sud de la France.

Mais ce n’est pas uniquement l’animateur de TVA qui a fait les frais de son humour incisif. Parce qu’avec Mathieu Madénian, tout le monde en prend pour son grade: les vieux, les Noirs, les racistes, les personnes de petite taille, les végétariens, les allergiques au gluten, lui-même…

On a passé un moment fort sympathique.

Éric Antoine: le magicien-humoriste déjanté

À 20 h 15, changement d’ambiance avec le magicien-humoriste Éric Antoine, un grand gaillard qu’il est difficile de manquer, sur la scène de L’Astral. C’était la première fois que «l’humourillusionniste» français présentait un spectacle complet à Montréal, et on peut dire qu’il n’a pas manqué son coup.

ERic-Antoine-Facebook-SelfieLa salle était comble, l’ambiance, électrique. Celui qui s’est fait connaître dans l’émission «La France a un incroyable talent» a offert un spectacle interactif mélangeant magie, humour et poésie qui a ravi petits et grands.

Comme tours de magie, on a eu droit à quelques classiques comme changer un billet de 20 $ en 50 et 100 $ ou sortir une colombe de sa manche…

Mais comme Éric Antoine est un véritable clown ambulant (avec une répartie d’enfer soit dit en passant), certains de ses tours échouent lamentablement (ou bien son assistant maladroit révèle à son insu ses trucs de magicien). C’était franchement hilarant. Le public lui a même offert une ovation debout bien méritée à la fin.

Un vrai coup de coeur.

https://www.youtube.com/watch?v= https://www.youtube.com/watch?v=JC6KJO5Yx_8

Baptiste Lecaplain: le timide fougueux et énergique

À 22 h 00, c’était au tour de Baptiste Lecaplain de clore la soirée avec son spectacle «Origines». Encore une fois, changement d’ambiance. C’est un public beaucoup plus calme, dans la jeune vingtaine, qui s’est déplacé pour voir celui qui jouait de rôle de Baptiste dans la série Bref de Canal +.

Baptiste-Lecaplain-Facebook«Si j’étais fort en résumé, je ne ferais pas des spectacles d’une heure! Mais là, pour ma première fois à Montréal, sachez que je vous dis tout (ou presque) sur ma vie», peut-on lire sur le site de Juste pour rire. Et cette présentation est plutôt juste.

L’acteur de 31 ans a parlé de son enfance (il a été un enfant capricieux et «horrible» qui a commencé à faire ses nuits à l’âge de 4 ans) et surtout de sa timidité. Car oui, cet acteur si énergique, si volubile, est en fait un éternel timide doublé d’un caractère tendu et anxieux.

Il était tellement timide, que sa mère était obligée d’écrire pour lui ce qu’il devait dire à la boulangère.

Baptiste Lecaplain aborde aussi avec un brin de nostalgie (enfin, pas tant que ça, mais un peu quand même) ses années collèges, son premier amour, sa prof de musique et la flûte à bec, sa première fois à l’âge de 23 ans alors que son cousin Paul a couché avec une fille alors qu’il avait 11 ans…

À la fin de sa représentation, c’est avec émotion qu’il a rendu hommage aux victimes de l’attentat de Nice survenue quelques heures plus tôt.

«Je n’avais pas vraiment envie de monter sur scène ce soir, mais ça m’a  fait plaisir de jouer pour vous. Merci beaucoup», a-t-il dit sobrement, avant de quitter la scène sous les applaudissements.

Décidément, ce «French Kiss» avait comme un arrière-goût amer en cette journée du 14 juillet.

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