Les pêcheurs de Chigozie Obioma, subjuguant premier récit

Les-Pecheurs-Chigozie-ObiomaAvec son premier roman Les pêcheurs, l’auteur natif du Nigeria Chigozie Obioma propose un ouvrage poignant et puissant qui se déroule dans son pays d’origine et qui ne laissera personne indifférent. Au menu, tragédies grecques et malédictions africaines.

Récipiendaire de l’Oppenheimer Award et finaliste du prestigieux Man Booker Prize, Les pêcheurs, traduit de l’anglais par Serge Chauvin, raconte l’épopée d’une fratrie en 1996 à Akure, ville de l’État d’Ondo, au Nigeria.

Quatre frères. Ikenna (15 ans), Boja (14 ans), Obembe (11 ans) et le narrateur Benjamin (9 ans) comblent leur journée comme ils peuvent. Lorsque leur père Agwu, banquier, est affecté dans une autre ville, à Yola, une capitale de l’est du Nigeria c’est un autre monde qui s’ouvre à eux, celui de la pêche…

Malgré les interdictions, ils vont s’aventurer au bord du fleuve Omi-Ola, pourtant sujet à bien des interrogations dans cette bourgade. La superstition est d’autant plus prisée dans cette région qu’il y a un homme qui a un peu perdu la raison et qu’on dit de lui qu’il a des pouvoirs de prémonition. Les résidents l’appellent le fou Abulu.

Chigozie-ObiomaLa vie paisible et calme de la fratrie va être perturbée à jamais le jour où Abulu va y aller de prédictions prophétiques et surtout maléfiques à l’encontre des frères. Agwu, sa femme et leur six ans vont devoir traverser une période encore plus tumultueuse que les vagues du cours d’eau qui les envoûte.

Costaud dans le scénario, Chigozie Obioma brosse une société moderne et tournée vers l’avenir qui reste toutefois profondément attachée à sa tradition à l’image de tout un continent.

L’épilogue apocalyptique au milieu de l’histoire et la fin qui laisse présager un avenir plus radieux pour la famille s’assimile aussi à la trame chronologique du continent. En tout cas, qui ne le voudrait pas ?

Publié dans 26 langues, le roman a été publié au Québec aux Éditions de l’Olivier. Il est récipiendaire de nombreuses distinctions, dont le prix du premier roman du Guardian ainsi que celui des nouvelles voix Afrique et Moyen-Orient du Financial Times.

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