Petit pays du Franco-rwandais Gaël Faye (Grasset)

petit-pays-de-gael-fayePuissant livre salué par la critique et auréolé du prix Goncourt des lycéens, Petit pays du Franco-rwandais Gaël Faye (Grasset) est un formidable ouvrage sur la résilience et la paix avec soi-même.

D’abord auteur-compositeur-interprète, Gaël Faye est indéniablement devenu un auteur à part entière grâce au succès de son œuvre paru à la rentrée littéraire d’automne 2016. Pas étonnant en réalité qu’il se soit retrouvé dans autant de listes, courte ou longue, des principaux prix littéraires.

En plus du prix Goncourt des lycéens, Petit pays a également remporté le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama et le prix du Roman Fnac.

L’histoire, on l’a devine presque au prononcé du mot Rwanda. Elle est un peu plus complexe qu’elle n’y parait en particulier parce que dans ce cas, il est question du pays voisin, le Burundi.

gael-faye-facebook-01Pour rappel, c’est l’assassinat des présidents burundais, Cyprien Ntaryamira, et rwandais, Juvénal Habyarimana, dans un avion en 1994 qui a servi de catalyseur à ce qui deviendra l’un des pires crimes de l’humanité des trois dernières décennies: le génocide du Rwanda.

À cette époque, le personnage principal Gabriel alias Gaby vit avec son père français et sa soeur Ana. Leur mère, Rwandaise (tutsi) est séparée de la famille.

Tout comme son personnage, Gaël Faye est Français par son père, Rwandais par sa mère, mais est né et a grandi au Burundi, où sa mère s’est installée, après les premiers «événements» de 70, qui ont précédé la première vague de départs de Rwandais. Là s’arrêtent les ressemblances, selon l’auteur qui assure que ce n’est pas une œuvre autobiographique. «Eela m’aurait semblé tellement impudique», confie-t-il à Télérama.

Le jeune Gaby qui commence à comprendre le monde en s’évadant grâce aux livres de la voisine vit comme les autres gamins de la place. Il forme avec ses potes un groupe/gang qui fait les 400 coups dans le quartier de Buju (Bujumbura).

Son père, un peu absent à cause de son travail, n’en est pas moins inquiet de la situation qui prévaut au pays, au lendemain des élections puis des assassinats qui suivent.

Lorsque l’hystérie va s’emparer du pays voisin, la mère inquiète tentera de retrouver une partie de sa famille. Mal lui en prendra, raconte avec une justesse inouïe l’auteur de l’ouvrage. Souffrez de le lire vous-mêmes chers lecteurs.

Quant au héros qui ne souhaite sans doute pas l’être, son quotidien va lentement changer jusqu’au moment où une « blessure » l’éloignera de ses amis de toujours de Buju.

Dans la foulée, il s’en ira avec sa soeur dans un avion affrété par la France pour se retrouver dans la douce soie hexagonale, loin des coups de feu, des questions de nez, des représailles perpétuelles et de la paranoïa ambiante.

Heureusement, l’ouvrage ne se focalise pas seulement sur la guerre civile. Il est aussi question de l’enfance et du bonheur de la naïveté.

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