«Good Luck Algeria»: participer aux JO pour renouer avec ses racines

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Dans la comédie «Good Luck Algeria», le réalisateur franco-algérien Farid Bentoumi relate l’histoire vraie de son frère Noureddine Bentoumi qui s’est qualifié aux Jeux olympiques de Turin, en 2006, pour représenter l’Algérie, le pays de son père, pour l’épreuve de ski de fond. Touki Montréal l’a vu lors du festival de films Vues d’Afrique.

Good Luck AlgeriaLe personnage qui s’inspire de Noureddine Bentoumi se prénomme Samir Zitouni, né d’un père algérien et d’une mère française. Sam, comme on l’appelle, est copropriétaire d’une petite entreprise, les skis Duval, avec son meilleur ami et ancien champion de ski Stéphane Duval.

Les temps sont durs pour la boîte des deux compères, spécialisée dans la fabrication de skis haut de gamme 100 % français. Ils sont au bord de la faillite. Alors que tout semble perdu, l’un d’eux a alors la fausse bonne idée qui semble perdue d’avance: la participation de Samir aux Jeux olympiques sous le drapeau de l’Algérie pour redorer le blason de leur entreprise.

Un «Rasta Rockett» à la française

L’idée de départ du film de Farid Bentoumi rappelle fortement celle de la comédie américaine «Cool Runnings», ou «Rasta Rockett» en version française, sortie en 1993, qui relatait l’incroyable épopée de ces quatre Jamaïcains qui ont représenté leur pays dans l’épreuve de bobsleigh, lors des JO de Calgary, en 1988.

«Good Luck Algeria» est certes une comédie qui met en lumière un outsider qui va tout faire pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé. Mais c’est également une palpitante odyssée familiale qui montre un homme renouer avec ses racines, alors qu’il ne connaît pas le pays de son père et qu’il ne parle pas la langue maternelle de ce dernier.

«[Dans ce film], je raconte une histoire de famille sur trois générations, une histoire d’immigration, une histoire de ces enfants d’immigrés qui vivent dans un pays, qui sont totalement Français, mais qui ont quand même des questionnements liés à leurs racines, à leurs origines», a fait savoir Farid Bentoumi lors d’une entrevue à la RTBF, la télévision publique belge.

Une belle distribution

Le personnage de Samir Zitouni est campé de façon très juste par l’acteur Sami Bouajila, connu notamment pour ses rôles dans «Indigènes» de Rachid Bouachareb (pour lequel il a reçu le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes) ou encore le controversé «Omar m’a tuer» de Roshdy Zem.

Les autres acteurs et actrices de la distribution (Franck Gastambide, Chiara Mastroianni, Hélène Vincent) apportent eux aussi une touche de fraîcheur au long métrage. Mais la véritable révélation du film est Bouchakor Chakor Djaltia, acteur amateur octogénaire, qui campe le rôle du père de Samir avec un naturel déconcertant.

Malgré une trop grosse couche de sentimentalisme, «Good Luck Algeria» est un film qui fait du bien. Une belle histoire d’immigration et d’intégration réussies, comme on en voit trop peu sur nos écrans.

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