Festival de jazz: les excentriques Too Many Zooz tout en énergie à l’Astral

Too-Many-Zooz-Jazz-2017Le Festival de jazz de Montréal a reçu de la belle visite, tout en originalité, avec une légère pointe d’excentricité: le trio de New-York Too Many Zooz est venu présenter leur brass house à l’Astral. C’était une performance intense, une vraie découverte musicale pour certains et une confirmation que sur scène, ces hommes sont fous!

Too Many Zooz… Vous connaissez? Imaginez, une trompette, une grosse caisse et un saxophone ensemble sur une scène. Le tout accompagné de trois gars, sortis tout droit du métro new-yorkais, connus grâce à des vidéos sur internet.

Tout ce beau monde a été accueilli comme il se doit pour un spectacle unique, à l’Astral. Pour résumer leur musique, le brass house est un métissage de toutes les musiques du monde avec de la trompette, des percussions et un saxophone. Allant de la musique tsigane au funk en passant par des airs arabisants, cette musique est inspirée de nombreuses influences.

Les trois membres de la formation ont chacun leur style. Le premier joue de la trompette, porte un maillot des Raptors de Toronto en hommage à Vince Carter et parle quelques fois dans le seul micro présent sur scène.

Le deuxième ne dit pas un mot, joue de la grosse caisse aussi intensément que son chandail est mouillé après cinq minutes de concert. Le dernier est le plus excentrique. Tatoué d’un côté, les cheveux décolorés, un saxophone à la main et des mouvements lascifs pendant qu’il joue. Il crie aussi par moments et son excentricité est aussi imposante que la qualité de son talent.

Ils se sont connus à New-York. Ils ont commencé à jouer ensemble dans le métro puis ils ont connu le succès grâce à la viralité de leurs vidéos.

Ce sont de vrais performers, ils jouent non-stop pendant plus de 1 h 30 et on ne peut pas dire qu’ils manquent de générosité. Ils aiment jouer ensemble. Ils aiment alterner et se mettre en avant, mais tout en ayant cette complémentarité entre eux.

Ils ne s’arrêtent presque jamais, pas de temps mort. Solos, duos, trios, ils savent tout faire et de belle manière. Le public de l’Astral bouge aux rythmes effrénés du trio new-yorkais. Des fois le plus exubérant n’hésite pas à interpeller le public de mimiques dont il a le secret. Il est fou dans le bon sens du terme. Il en joue et en rajoute volontiers, le public apprécie et se permet même de l’interpeller pour prendre des photos avec lui, lors des pauses entre leurs chansons.

Leur musique est sauvage avec une teinte de génie dans l’exécution ou peut être l’inverse.

Assurément, les écouter sur scène et tranquillement à la maison sont deux choses différentes. Il faut voir Too Many Zooz pour comprendre ce qu’ils proposent. Cela peut s’avérer répétitif par moments, mais ils ont une telle envie de jouer, une grosse énergie communicative qu’ils en deviennent de vrais phénomènes.

Ils sont chauds, ils sont bons, ils sont dans leur monde. Un univers qui donne autant chaud aux artistes qu’à un public de l’Astral, secoué après un tel concert. Le Festival de jazz de Montréal ose innover et programmer des artistes qui détonnent et ça fait du bien. L’éclectisme dans le jazz est une excellente nouvelle et a priori n’est pas prêt de s’arrêter de sitôt avec de tels choix de programmation.

 

Photos: Valerie Gay-Bessette, courtoisie, Festival de jazz

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