«L’amour des hommes»: les corps des hommes vus par une femme

Dans son troisième long métrage L’amour des hommes, présenté en première nord-canadienne dans le cadre du Festival de films francophones Cinemania, le réalisateur tunisien Mehdi Ben Attia n’a pas peur de bousculer les codes et les traditions de son pays d’origine.

Le film suit les traces d’Amel, une jeune photographe vivant à Tunis. La vie de la jeune femme bascule lorsqu’elle perd subitement son mari dans un accident. La photographie lui offre alors un exutoire pour surmonter son deuil. Amel est spécialisée dans le portrait et l’autoportrait. Les joies du hasard l’amènent à photographier des hommes de façon sensuelle, voire érotique.

Après avoir exploré le sujet encore tabou de l’homosexualité dans la société tunisienne dans son premier long métrage Le fil, sorti en 2009, le réalisateur de 49 ans brasse une nouvelle fois la cage. Cette fois-ci, c’est Amel, son personnage principal féminin au caractère bien trempé, qui bouscule les codes.

Même si elle décide de rester vivre dans la maison de ses beaux-parents, Amel veut vivre sa vie comme elle l’entend. Elle n’a pas peur d’écouter son instinct pour les besoins de son art, quitte à verser dans le «scandaleux» et briser quelques tabous au passage.

Dans ce film, c’est une femme qui photographie les hommes. Ces derniers sont érotisés, voire objectifiés. Le réalisateur a voulu inverser les rôles pour «montrer que la femme peut être l’actrice de sa vie, ni victime, ni objet. Le fil conducteur est que j’emmène les personnages vers des trajectoires de liberté», a-t-il expliqué dans une entrevue avec le Huffpost Tunisie.

Ce film au doux parfum de scandale est parfois troublant, mais souvent juste. La belle performance de l’actrice Hafsia Herzi, qui campe le rôle d’Amel, mérite une mention spéciale.

Le film L’amour des hommes est présenté au cinéma du Parc, le 6 novembre à 19 h et le 8 novembre à 17 h  dans le cadre de Cinémania.

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