Mon côté Reggae, d’Ousco

Après avoir connu le succès avec ses acolytes de SMOD, le Malien Ousco revient sur l’avant-scène avec un album reggae d’ores et déjà dans la lignée de ses grands frères Tiken Jah et Alpha Blondy.

Avec ses copains de classe, Sam Bagayoko et Donsky Traoré, Ousco Cissé a fait les bonheurs de nombreuses scènes de spectacles dans le monde. À Montréal, notamment, les souvenirs des nombreuses girouettes acrobatiques des trois et la chaleur qui s’y dégageait ne s’oublient pas.

Lorsqu’on lui demande ce qui s’est-il passé entre SMOD et Ousco, le principal intéressé répond «que des choses positives» et parle de «belles rencontres musicales et amicales».

Reste qu’Ousco a fait du chemin depuis ce temps-là. Les quelques titres et textes sur lesquels ils avaient travaillé se retrouvent maintenant dans un premier album, Mon côté Reggae.

Tout commence d’ailleurs sur les roulettes avec le premier titre dans lequel il est question de religion: Mame Cheikh N’Diaye. L’album termine comme il a commencé avec le titre Allah.

«Pour moi, la religion est un vecteur de paix quand c’est bien compris», estime Ousco en entrevue avec Touki Montréal.

Outre la religion, Ousco parle évidemment de politique, et des dirigeants africains. Il est aussi question de femmes (« Je vous aime les femmes »), de consommations (« Il faut qu’on apprenne à porter les choses qui viennent de chez nous »), de son pays, le Mali, ainsi que du continent. À ce propos, il reste optmiste pour le futur et rappelle que « l’Europe ne s’est pas fait en seul jour ».

Les textes sont résolument engagés et sa voix grave et chaude lui permet de distiller adéquatement son message dans la bonne humeur. À noter également, les instruments qui prennent une belle place dans l’ensemble, à l’image du mariage reussi dans le titre Sutura.

Trois questions à Ousco :

Pourquoi avoir fait le choix du reggae ?

Le choix du reggae est venu doucement, mais sûrement. Malgré l’abondance de différents styles musicaux au Mali, le reggae occupe toujours une très grande place dans notre société tant pour son côté revendicatif, éducatif et festif.

Aussi, le reggae reste dans les mêmes optiques que défendait SMOD à travers ses lyrics. Donc j’ai, juste changer de mélodie, mais pas de messages, en passant du hip-hop au reggae, car je reste confiant que j’ai un rôle à jouer à travers ma musique.

Tiken ou Alpha ?

Je dis, Alpha Blondy et Tiken Jah, les deux !

Et le continent ? Faut garder espoir ? pourquoi ?

L’espoir fait vivre comme on dit. L’Afrique d’hier n’a rien à voir avec l’Afrique d’aujourd’hui. La société civile a compris que c’est à elle de prendre les choses en main et pas que les politiques seulement. Elle réclame plus de droits pacifiquement sans violence physique. Elle n’attend plus que ça se fasse tout seul.

On a de plus en plus d’ingénieurs dans tous les domaines qui sont prêts à aller s’installer en Afrique enfin de mettre leur savoir au service du peuple. Mais malheureusement, il reste toujours des zones à éclaircir encore. Je sais aussi qu’on ne peut pas changer en un jour une chose qui s’est construite pendant des années, l’Europe ne s’est pas fait en seul jour. Mais, je reste optimiste que ça va changer pour de bon un jour.

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