Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs

Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs, Brit Bennett, Autrement

«Je ne sais pas quoi faire des gentils Blancs». Derrière ce titre évocateur qui n’a point besoin d’explication, se cache une dialectique féministe noire puissante et intense que propose l’auteure américaine Brit Bennett.

Auteure du roman Le coeur battant de nos mères, paru en français aux éditions Autrement, Brit Bennett revient avec un texte coup de poing et même coup de sang, en partie d’abord publié sur le site jezebel.com, en 2014.

Cette année-là, la diplômée de Stanford décide d’écrire lorsque le policier Darren Wilson, abat Michael Brown, un jeune Afro-américain de 18 ans,  de six coups de feu. L’affaire fait grant bruit dans l’Amérique de Barack Obama et un mouvement citoyen tente de faire entendre une voie : Black Lives Maters (« les vies des Noirs comptent »).

«Alors que mon pays se divisait pour savoir si un adolescent noir non armé méritait de mourir, quelque chose a changé en moi. Cet été-là, je me suis réveillée. »

La question raciale déjà tendue sous Obama va prendre un autre sens avec l’arrivée en janvier 2017 de Donald Trump. L’auteure est dans un avion en novembre, lorsque l’inéluctable arrive.

«Make America Great Again», clame Trump. Pour Bennet, est ce que pour les Noirs, un retour en arrière est forcément positif ? Pas vraiment. Un retour vers l’Amérique du Ku Klux Klan, de la série Racines, de Rosa Parks ou de Martin Luther King n’est pas à souhaiter. Surtout quand on n’est pas blanc.

Ta Nehisi Coates, auteur d’Une colère noire

Pour illustrer son propos s’appuie sur des auteurs classiques comme Toni Morrison, James Baldwin, mais aussi sur les contemporains qui ont voix au chapitre comme les talentueux Colson Whitehead et Ta-Nehisi Coates qui comme elle, dans un certain sens, mettent le doigt ou ça fait vraiment mal.

L’ouvrage est en fait un recueil de sept essais «corrosifs» illustrés chacun par une photo, comme celle ci-contre, à la page 48 qui précède le chapitre « Ta Nehisi Coates et le reveil d’une génération ».

« Les corps des femmes noires sont vulnérables eux aussi, face à la police, dans nos communautés, et même à l’intérieur de nos foyers. Les femmes noires courent beaucoup plus de risques d’être victimes de crimes violents, de violences infligées par des partenaires et d’agressions sexuelles. Mais alors que nous sommes indignés, à juste titre, par la vulnérabilité du corps des hommes nois, nous remarquons rarement toutes les manières dont les femmes noires sont vulnérables. Laquelle de ces vulnérabilités est terrifiante et obsédante, digne de justifier des marches et des manifestations? »

Brit Bennett ne laisse pas indifférent. Son style est juste et ses paroles sont recues comme de véritables gifles par les lecteurs. Pas étonnant d’ailleurs qu’elle fasse partie des cinq meilleurs jeunes auteurs américains du prestigieux National Book Award.

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.