Si Beale Street pouvait parler: un roman bouleversant à (re)lire

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L’histoire : Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d’avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Pendant que les deux familles se mettent en quête de preuves qui pourront le disculper, Tish et Fonny n’ont d’autre choix qu’attendre, portés par leur amour, un amour qui transcende le désespoir, la colère et la haine.

 

Notre avis : Même s’il a été publié pour la première fois en 1974, Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin est un ouvrage qui reste néanmoins très actuel. Cette histoire d’un homme noir injustement accusé dans un système judiciaire à deux vitesses gangréné par le racisme nous est un peu trop familière.

Toutefois, même si ce roman de Baldwin s’inscrit dans une démarche de dénonciation des injustices à l’égard des Afro-Américains (l’auteur était connu pour son engagement en faveur des droits civiques), Si Beale Street pouvait parler est avant tout une histoire d’amour. Une grande et une belle histoire d’amour.

Peu importe si le monde dans lequel vivent Tish et Fonny est pourri jusqu’à la moelle, parce qu’eux, ils s’aiment. De cet amour, naîtra bientôt un enfant. Leur enfant. Un enfant qui leur donnera la force et le courage de tout faire pour prouver l’innocence de Fonny. Mais les deux amoureux ne seront pas seuls dans leur quête de justice et de liberté. Ils pourront compter sur l’aide et l’amour indéfectibles de leurs familles (du moins, certains d’entre eux).

Tendre, touchant, bouleversant, Si Beale Street pouvait parler vous tiendra en haleine jusqu’à sa toute dernière page. Un livre à lire (ou à relire), avant ou après avoir vu l’adaptation cinématographique de Barry Jenkins, à qui l’on doit le magnifique Moonlight, oscarisé en 2017.

Un livre qu’on vous recommande chaudement.

Un extrait du livre :

« Je me demande ce que je ne ferais pas pour sortir Fonny de prison. Je n’ai jamais rencontré de honte ici, à part des hontes comme la mienne, celle de dames noires, pauvres mais dignes, qui, quand elles s’adressent à moi, disent « Ma fille », et celle des fiers Portoricains qui ne comprennent pas ce qui leur arrive – les gens à qui ils s’adressent ne parlent pas espagnol – et qui sont honteux de voir des êtres chers en prison. Ils ont tort. Ce sont les gens responsables de ces prisons qui devraient avoir honte.

Moi, je n’ai pas honte de Fonny. Au contraire, je suis fière de lui. C’est un homme. Ça se voit à la façon dont il a encaissé toute cette saloperie. Quelquefois, je l’avoue, j’ai peur – parce que personne ne peut encaisser éternellement toutes ces saloperies qu’ils nous font. Dans ces moments, il faut se donner comme but de tenir jusqu’au lendemain. Si on pense trop loin, si on essaie seulement de penser au-delà du lendemain, on est fichu. »

Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin, Éditions Stock, réédition disponible dès le 30 janvier 2019, 34,95 $.

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