FTA: trois questions au chorégraphe Serge Aimé Coulibaly

En visite à Montréal, le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly qui a fondé la compagnie Faso Danse Théâtre s’est confié à Touki Montréal sur l’héritage de Fela Kuti, évoqué dans sa pièce Kalakuta Republik, présentée au Festival TransAmériques (FTA).

À l’avant-scène, Serge Aimé Coulibaly

1- Pourquoi faire un spectacle pour rendre hommage à Fela Kuti ?

À la base je ne voulais pas faire un spectacle pour rendre hommage à Fela, mais rendre Hommage aux artistes engagés au-delà de leur art. Et un questionnement sur la place de l’artiste dans la société. Fela n’est qu’un prétexte.

2- Pensez-vous que le combat de Fela reste encore actuel en Afrique, 22 ans après sa disparition ?

Certainement que son combat reste d’actualité. La mal-gouvernance, la corruption, l’exploitation des multinationales de nos ressources, rien n’a bougé.

Mais dans le spectacle, une fois encore, c’est de mon combat en temps d’artiste que je parle. Je parle de ma réalité à moi au lieu de la réalité de Fela. Je parle de comment on crée des problèmes loin et ça nous rattrape avec les bombardements, la migration, le terrorisme.

3- Quels sont, selon vous, les Fela de cette époque ?

Il y a toute une série d’artistes et de journalistes qui sont en prison et qui échappent à des attaques à cause de leur engagement. Et cela est très visible dans pas mal de mouvements citoyens.

Au Burkina, il y a le balai citoyen, avec ces leaders comme Smockey ( Serge Bambara, NDLR) et Sams’K Le Jah (Karim Sama), Y’ en a marre du Sénégal. Ils ne sont pas tous artistes, mais il y en a. C’est aussi le cas de Bobi Wine en Ouganda.

Ce sont là, plusieurs activistes dans les réseaux sociaux, qui luttent à leur façon, car les époques ont changé et les gens s’adaptent à d’autres formes de luttes.

Serge Aimé Coulibaly

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