« Fongola », premier album prometteur du collectif congolais KOKOKO!

Le curieux collectif Kokoko! fait paraître un premier album tout aussi curieux, Fongola, mais qui sans doute leur permettra d’inscrire leur nom dans les annales de l’histoire de la musique.

L’histoire de ce groupe commence, du moins officiellement, à Kin la belle (Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo). En 2016, le cinéaste Renaud Barret planche sur un documentaire (Système K) sur la scène kinoise, un vivier musical sans fin qui produit d’innombrables talents depuis des décennies.

Le producteur électronique Xavier Thomas, aka Débruit, et Makara Bianko et sa troupe de danse du quartier de Lingwala se rencontrent alors. De cette rencontre naît le collectif, aussi déjanté que survolté Kokoko!, entendu Toc toc toc en lingala, une des langues populaires de cette région d’Afrique.

Outre Débruit et Makara Bianko le groupe est composé de Boms Bomolo, Dido Oweke et Love Lokombe.

Makara Bianko

Une des choses qui les rendent singulier, c’est le fait que les membres du groupe fabriquent leurs instruments en se servant de matériaux recyclés, essentiellement pour des raisons économiques.

La critique en Hexagone comme ailleurs en Europe est pour l’instant dithyrambique. À Montréal, on aura l’occasion de les voir dans le cadre du festival Pop Montréal puisqu’ils performeront, au Picolo Rialto, le 25 sept. Ce sera dans le cadre d’une tournée nord-américaine comptant une quinzaine de dates, dont deux au Canada.

L’album Fongola qui vient tout juste de sortir est clairement un ovni musical. Si la comparaison avec les Kinois Konono n°1, Staff Benda Bilili  et autres Mbongwana Star est évidente, il reste que le collectif tisse sa propre toile avec un son à la frontière entre punk et dance. On y entendra, forcément, la puissante énergie kinoise, avec une légère influence de la sempiternelle rumba.

Dido Oweke

L’opus est composé de onze titres, dont l’entraînante Buka dansa qui fait l’objet d’un clip. L’étiquette explique dans un communiqué que la chanson «Buka Dansa signifie danser jusqu’à ne plus tenir sur ses jambes ou rompre la danse». Un peu comme à Kin, passé une certaine heure.

Le musicien Dido Oweke chante ce titre «sur un rythme synthétique, alors que les accords d’une guitare de fabrication maison bougent sur la mélodie. Les paroles, plutôt psychédéliques, rappellent les bonnes choses de la vie», souligne-t-on.

On appréciera aussi Azo Toke, qui donne envie de crier «KOKOKO !, oui, oui, qui est là !», mais aussi Tongos’a et Tokoliana.

«La genèse de l’album Fongola trouve ses racines dans plusieurs lieux, explique Debruit. On peut retracer ses débuts dans le quartier de Ngwaka à Kinshasa, lieu de création des instruments expérimentaux, ou encore dans le quartier de Lingwala, là où Makara Bianko chante tous les soirs au son des boucles électroniques, accompagné par ses danseurs, qui est également le lieu de la première rencontre du groupe. »

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