« Mes Nuits de velours », premier essai réussi de Mauvais Œil

Avec son timbre de voix aussi envoûtant que désarçonnant la chanteuse Sarah Benabdallah et son complice Alexis Lebon du duo Mauvais Œil, propose un EP soigné qui devrait plaire à pas mal de monde des deux côtés de l’océan.

Assument clairement ses influences orientales, Mauvais Œil propose un simple composé de cinq titres, dont la chanson titre Mes nuits de velours qui ouvre avec subtilité ce projet. Il met surtout la table pour Afrita, qui dévoile l’étendue du talent de la chanteuse, native d’Hexagone, mais aux racines algériennes, comme un certain Rachid Taha, dont le nom résonne actuellement en raison de la sortie de son album posthume.

Avec Afrita, remixé ou pas, l’envie frénétique de danser surprend, tout comme celle de se téléporter dans un souk méditerranéen puis de se laisser bercer au rythme des guitares. On ne comprend pas grand-chose, mais là n’est pas l’essentiel.

Pas question de laisser retomber la pression puisque les deux autres titres, Asha et Constantine en rajoutent une couche. Surtout le dernier, quand on en sait plus. C’est dans cette ville que Sarah a trouvé une partie de ses racines.  » partant à la recherche des racines de Sarah

« Cette chanson évoque une personne qui arrive à un certain âge et qui recherche des pièces manquantes de son identité… C’est tout l’objet de ce groupe: nous étions la pièce manquante dans le puzzle de l’autre, confie-t-elle en entrevue à RFI. À Constantine, j’ai rencontré une partie de ma famille que je n’avais encore jamais vue, c’était très fort. Tout ça grâce à la musique. »

Au charisme de Sarah Benabdallah, on est forcé de reconnaître le talent du multi-instrumentiste Alexis Lebon qui en chef d’orchestre force avec justesse, jusqu’ici, les «alliances singulières entre rythmes traditionnels et sons électroniques», note-t-on d’ailleurs dans un communiqué.

Est-ce qu’on a aimé ce projet ? Autant le dire tout de suite. Oui.

Pourquoi ? Parce que Sarah et Alexis nous rappellent à quel point la musique est universelle et sait rassembler plus que bien des choses. Elle chante en français et en arabe tandis que le son se confond à du acid-house saupoudré de violons orientaux, de luth oriental ou même de vulgaire guitare.

N’empêche la mayonnaise prend et sur Constantine, on se demande pourquoi le duo n’est pas plus connu ? Parions que c’est sans doute pour eux la fin de l’anonymat et il faudra surveiller attentivement les nouveaux protégés de l’étiquette française Entreprise.

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