“Rhapsodie des oubliés” de Sofia Aouine

Dans son puissant premier roman Rhapsodie des oubliés, l’auteure et journaliste Sofia Aouine propose un récit coup de poing de la vie des quartiers de nos jours, entre violence et petite criminalité, abandon et impuissance, prostitution, radicalisation et difficile intégration.

Paru aux Éditions de la Martinière, Rhapsodie des oubliés raconte la vie de ces oubliés du système, le parcours de ceux qui ont presque cessé de rêver, malgré quelques éclairs de la vie, comme le regard que cette jeune fille du quatrième étage va lancer au personnage principal du roman, Abad.

Ce jeune garçon de 13 ans a dû partir avec toute sa famille de Tripoli au Liban, et tente tant bien que mal de s’adapter à sa nouvelle vie dans son quartier de Barbès, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe.

«Ma rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans.»

Dans les oubliées, il y a l’histoire principal d’Abad et de sa famille (père vivant dans le regret et la honte, mère toujours avec les points serrés car ne pouvant jamais vraiment dire le fonds de sa pensée), mais aussi toutes les autres. Celle de sa thérapeute Violette/Ethel Futterman AKA “Ouvrir dedans” (souffrez qu’on ne vous en dise pas plus..), de Gervaise, la prostituée d’origine camerounaise prête à tout subir pour sauver sa fille ou encore celle d’Odette, sa voisine d’en face qui comme certaines personnes âgées, finira seule.

Née en 1978, l’auteure et autodidacte Sofia Aouine propose dans ce premier roman un nouveau souffle puissant qui surprendra, mais plaira à beaucoup de lecteurs en raison de la rage du ton. Il y a aussi un côté je-m’en-foutiste propre aux jeunes adolescents en pleine puberté qui détonne.

Pas étonnant d’ailleurs que le livre se soit retrouvé dans la seconde sélection des (quatre) titres en lice pour le prix de Flore 2019, ce prix littéraire fondé en 1994 et remis au célèbre Café de Flore pour couronner un auteur au talent «prometteur».

Dans le cas de Sofia Aouine, c’est le moins qu’on puisse dire quand on parle de talent. D’ailleurs à notre humble avis, nul besoin de lui affubler le qualificatif «prometteur»…

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