Hommages et cours d’Histoire par Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly était présent sur la scène de la place des Festivals, mardi 3 août. Sous une pluie incessante, ce soldat du reggae n’a pas ménagé son énergie devant l’immense foule des Francofolies sous les parapluies. Retour sur ce cours d’Histoire du maître Fakoly suivi par Touki Montréal.

Les musiciens de Tiken Jah Fakoly mettent l’eau à la bouche des fans avec un medley d’introduction. Au loin, la chaude voix grave du chanteur ivoirien se fait entendre. L’image d’un grand bonhomme en habits traditionnels, coiffé de dreadlocks et d’une barbe grisonnante apparait.

Ca va faire mal ouvre le bal. Titre d’espoir dans lequel Tiken Jah explique que lorsque l’Afrique sera unie « ça va faire mal »… Le ton est donné. Messages de paix, de liberté et d’unité seront clamés.

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Touki Montreal- Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Pierre Dehé

L’artiste enchaine sur des chansons en langue dioula, comme Foly, véritable cours sur l’histoire des grands hommes africains tels, Thomas Sankara, Nelson Mandela, Hailé Sélassié…auxquels Tiken Jah rend hommage. Sur de solides riffs de cuivres Fakoly fait 3 allers-retours énergiques et termine par un triple coup pied sauté en rythme calé sur le fameux contre temps du reggae. L’homme est en forme. Un éclair apparait dans le ciel. La pluie s’abat un peu plus fort sous un tonnerre d’applaudissements.

Les douces voix des choristes contrastées par la voix rauque de l’Africain invitent le public à venir sur le territoire avec le titre Viens Voir, plaidoyer sur les beautés du continent. Après la très roots Tonton d’America, le guerrier rasta rend hommage aux soldats canadiens tombés en Afghanistan.

Fakoly interprète en acoustique le hit Plus rien ne m’étonne. Une explication claire et concise du déroulement de la colonisation. La pluie tombe toujours sur la place et Tiken Jah poursuit son spectacle.

Touki Montreal- Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Pierre Dehé

Il s’assoit pour poser son propos, et explique que « personne ne viendra développer l’Afrique à la place des Africains ». Le poing levé, il plaide inlassablement pour l’unité et la liberté de l’Afrique.

Tiken quitte la scène sous la pluie et laisse un public électrisé. On entend cirer « ohohooh » et « Tiken Tiken Tiken » dans la foule en guise de rappel. Le temps d’ôter son habit traditionnel et le voila de nouveau sur les planches avec toujours plus d’énergie.

La très dénonciatrice Françafrique clôture le spectacle. Après le premier couplet a capella, la pluie cesse. L’instrumentation prend place, et la rythmique galvanise la foule.

Il aura fallu une heure et demie pour que la puissante voix de Tiken Jah Fakoly, posée sur les solos et riffs endiablés des musiciens chevronnés chassent les nuages et envoient la foule se déhancher la tête dans les étoiles.

Ilan Dehé

Touki Montreal - Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Julia Haurio
Touki Montreal - Tiken Jah Fakoly aux Franco- Photo Julia Haurio


1 commentaire

  1. Est-ce que la comparaison faite par Tiken Jah Fakoly entre la guerre en Afghanistan et le conflit entre Israéliens et Palestiniens n’était pas un peu légère ?

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