Spectacle de danse «Bach + Gira» de Grupo Corpo: la spiritualité des corps mise en forme

Le chorégraphe brésilien Rodrigo Pederneiras présente jusqu’au 26 janvier au Théâtre Maisonneuve de Montréal son programme double, Bach et Gira, magistralement exécuté par sa célèbre troupe Grupo Corpo. On y était pour la première.

Chapeautée par l’Organisation Danse Danse, dans le cadre de sa 21e édition de programmation de spectacles, la danse contemporaine brésilienne était à l’honneur pour cette première représentation montréalaise.

Pas moins de 18 danseurs étaient sur la scène du Théâtre pour interpréter deux pièces littéralement différentes Bach et Gira.

Rodrigo Pederneiras a réussi à matérialiser l’oeuvre musicale du père de la musique baroque, Jean Sébastien Bach, à travers les corps et les pas de ses danseurs.

Alors que la salle est plongée peu à peu dans un noir presque céleste, les premières notes classiques retentissent. L’orgue prononcé évoque celles qui hantent les cathédrales, lors des débuts de cérémonies religieuses.

Le rideau se lève et c’est à partir d’un ciel assombri que les premiers danseurs descendent sur scène. Les notes et les mélodies sont traduites dans des chorégraphies qui mêlent agilité, technique, force et légèreté. Une complexité dans l’exécution des mouvements qui se fait finalement très peu ressentir, à l’écoute du silence des pas contre les planches qui restent subtiles, presque inaudibles.

Les corps des artistes sont humblement couverts d’un uniforme, style latex noir, qui égalise les organismes, ne pouvant dissocier le masculin du féminin. Ils se diluent dans les ombres, cependant, plus le temps avance et plus on distingue le rapport de domination des sexes opposés.

Les corps athlétiques des danseurs sont pleins de grâce. Ils semblent vouloir s’accrocher les uns aux autres, au ciel via les des bâtons suspendus au plafond, ou à autre chose finalement tout dépend de l’interprétation. 

Les corps finissent toujours par retomber, puis se rapprocher. Ils sont alors indéfiniment liés…

L’approche mystique est aussi de mise pour cette pièce qui plonge le public dans une atmosphère traditionnelle, presque tribale.

Les étoffes fluides qui composent les jupes des danseurs voltigent aux rythmes des déhanchés orchestrés par les danseurs. Les bandes sonores sont empruntées aux rites des cultes afro-brésiliens (notamment la religion Umbanda qui mélange catholicisme et spiritisme). Elles rappellent aussi des chants autochtones amazoniens.

Divers tableaux sont présentés dans ce programme avec des solos, des duos et des chorégraphies de groupes.

Dans cette deuxième partie du spectacle, les rapports de sexes se font moins ressentir. La domination masculine est beaucoup moins palpable. Les danseurs sont tous égaux, torses et cœurs à nu.

Les mouvements sont plus hybrides, s’éloignant des codes classiques avec l’intégration de gestes à inspirations africaines et modernes (avec même du voguing). Les trames sonores sont envoûtantes, voire oppressantes à certains passages, ce qui accentue encore plus l’impact des pas sur les corps.

 Le temps a défilé rapidement et les spectateurs ont été subjugués par ces propositions de très haute qualité. La salle du Théâtre Maisonneuve était conquise à la fin des deux programmes, saluant les interprètes par une ovation générale.

Bach et Gira sont présentés du 23 au 26 janvier 2019 au Théâtre Maisonneuve, à Montréal.

Pour plus d’infos, suivez le lien : www.dansedanse.ca

https://www.youtube.com/watch?v=tH6vYriObhI&feature=youtu.be

Bach 

Chorégraphie : Rodrigo Pederneiras
Musique : Marco Antônio Guimarães (à partir de l’œuvre de J. S. Bach)
Scénographie : Fernando Velloso and Paulo Pederneiras
Costumes : Freusa Zechmeister
Éclairages : Paulo Pederneiras

Gira

Chorégraphie : Rodrigo Pederneiras
Musique : Metá Metá
Scénographie : Paulo Pederneiras
Costumes : Freusa Zechmeister
Éclairages : Paulo Pederneiras, Gabriel Pederneiras

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