“Ce qui nous sépare” de Hélène Aldeguer chez Futuropolis

Publié chez Futuropolis, le roman graphique Ce qui nous sépare de Hélène Aldeguer met le doigt sur la question de la différence et du privilège.

Dans cet ouvrage d’une centaine de pages, le lecteur suit un peu les péripéties de Bilal, boursier tunisien en France qui fait des études (un master) d’histoire contemporaine.

L’histoire se déroule en janvier 2016, soit bien après le printemps arabe qui a contraint le président Ben Ali à fuit son pays et à se réfugier à Djeddah, en Arabie saoudite, ou il est mort finalement en 2019.

Bilal est partagé entre sa vie de privilégié à Paris et celle des siens au bled. Dans son entourage, il y a surtout sa copine Léa et ses amis avec qui il a du mal à s’entendre. Il y a aussi ses amis, comme Ahmed, un compatriote et Yann, un Antillais.

Lorsqu’il appelle sa famille, les nouvelles ne sont point encourageantes. Il y a toujours beaucoup de tension et Bilal espère beaucoup que sa soeur puisse le rejoindre un jour.

Plus que la distance qui le sépare de sa famille et de son pays, c’est le quotidien d’homme arabe en Hexagone qui tracasse le brillant étudiant. Il ne se trouve que peu d’affinités avec le cercle de Léa qui semble ne pas comprendre cette question de privilège. Bilal souffre de ce racisme qui ne dit pas son nom et de la mauvaise presse de l’islam et des musulmans.

“Il faut être blanc pour être expat?”

Forcément, le sujet sera source de dispute et un évènement tragique va exacerber cette colère du personnage principal que décrit avec beaucoup de justesse Hélène Aldeguer, à qui l’on doit notamment Après le printemps: une jeunesse tunisienne (Futuropolis) et L’Islam raconté et expliqué (Saltimbanque).

Résolument actuel, le propos de l’ouvrage démontrer à quel point il reste toujours une pléiade de barrières à franchir et que les êtres humains sont malheureusement inégaux, même, au pays des droits de l’Homme.

Plusieurs se retrouveront dans la situation de Bilal. D’autres, s’ils sont honnêtes, seront plus du côté des amis de Léa. Dans tous les cas, l’auteure tente de démontrer que peu importe nos différences, il y a plus de choses qui nous unissent que qui nous différencient et c’est tout à son honneur.

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