Épitaphe d’Antoine Matha : un regal decrypté.

Une épitaphe est une tablette qui porte une inscription funéraire.

Début du roman :

 » Par qui commencer ton évocation ?

epitaphe

Par le gisant qui m’offrit, ultime leçons, une vision moderne des vanités ?

Par le malade qui m’a donné à vivre l’épreuve la plus douloureuse de mon existence ?

Le sapeur, plein aux as, tiré à quatre épingles toujours ? « 

Fin du roman :

« Par qui commencer ton évocation ?

Par le gisant…

Par le malade…

Le sapeur…« 

L’histoire :

Fargas, élève puis étudiant modèle est à l’extrême opposé de son alter ego et ami de toujours Raymond. Tous deux sont africains et tout au long du roman, les compères sont de tous les coups, surtout Raymond. Ils se retrouvent à Paris, capitale de la mode et découvrent l’occident, un univers impitoyable dans lequel ils arrivent à s’immiscer tant bien que mal.

Dans ce premier Roman, Antoine Matha décrit plusieurs périodes : Une enfance imprégnée pas l’innocence de la naïveté, au hasard de rencontres souvent insolites. L’auteur présente aussi les deux héros dans leur vie d’adulte, marqué par la rigueur d’une température peu clémente et la froideur d’une ville occidentale.

Le style :

Dans un genre simple et rarement pédant, l’auteur raconte. Le style est à la portée de tous bien que quelquefois, une tournure plus soutenue retient l’attention ici et là. Mais le ton demeure vulgarisateur et la lecture rappelle une histoire que chacun aurait pu raconter à propos d’un ami ou d’un voisin un peu envahissant.

Le hic :

Étiré par moment, l’auteur à trop vouloir replacer ses personnages dans les moindres détails finit par perdre à certains moments le lecteur. Mais le ton et les faits souvent cocasses des histoires prennent le dessus et le lecteur n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer.

La phrase tirée du livre :

« Fargas, le fric nous cerne de toutes parts; il est devant, derrière, à gauche, à droite; nous le portons comme une croix. Celui qui ne s’en serait pas encore avisé, il faut l’opérer de sa cataracte… Il avait également compris le devenir maffieux de la société dite libérale : je deale, tu trafiques, il combine, nous magouillons. Le monde va marchant au rythme de cette friponnerie. […] L’évangile du temps enseigne que le marché est souverain. Seul le marché est souverain. La loi de l’offre et de la demande. »

L’auteur :

Antoine Matha vit en France. Originaire du Congo-Brazzaville, il publie son premier roman. À Reims où il est installé, il anime une association culturelle.

Épitaphe, Édition Gallimard, Continents noirs, 166 pages,2009.

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