Les tortues ne meurent pas de vieillesse

1

Projeté en première mondiale aux Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM), Les tortues ne meurent pas de vieillesse de Hind Benchekroun aborde un thème de plus en plus actuel et au coeur des préoccupations de la société, la place des aînées. Il sera présenté au Festival de cinéma Vues d’Afrique dans la catégorie Regards d’ici.

Chehma, Abdesslam et Erradi sont trois Marocains d’un certain âge, ou plutôt d’un âge certain. Leur point commun réside dans leur détermination à poursuivre une vie fertile en péripéties.

Abdesslam et Chérif

Le documentaire présente d’abord Chehma, marin depuis 70 ans qui contemple sa barque comme le reflet d’un miroir. Abdesslam, lui, est musicien de fortune et il ne lui reste que deux enfants à marier. Pour sa part, le tenancier solitaire Erradi affectionne sa voiture et sa collection d’horloges dont le tictac lui est thérapeutique.

Si les marques du temps sur leur visage ne trahissaient pas leur âge, ils nous feraient croire qu’ils ne cesseront jamais de travailler. Ils abordent sans complexe le tabou de la mort et les brisures de la vie. On notera par ailleurs le naturel, voire la complicité des intervenants face à la caméra, à l’inverse de leurs progénitures.

Certaines scènes sont soigneusement longues et silencieuses. Par ce biais, les documentaristes Hind Benchekroun et Sami Mermer convient le cinéphile à s’imprégner davantage du quotidien des protagonistes. Les décors naturels qui s’y incrustent accentuent l’expérience tout en dévoilant cette région septentrionale de l’Afrique.

Il s’agit là d’une leçon d’humilité et de persévérance prodiguée par des personnages touchants dans leur résolution à composer avec la fin de vie. Qui pense toujours que les tortues meurent de vieillesse ?

 

 

1 COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.