Un Esprit blanc, premier tome de La colonne de Dumontheuil et Christophe Dabitch

Nicolas Dumontheuil et Christophe Dabitch proposent chez Futuropolis Un Esprit blanc, premier tome du diptyque La Colonne.

Dans ce récit triste, mais magnifiquement raconté, Nicolas Dumontheuil collabore avec le scénariste Christophe Dabitch pour aborder les tribulations véridiques de la «colonne Voulet-Chanoine», deux officiers de l’armée française à la tête d’un convoi qui va tyranniser les populations d’une région comprise aujourd’hui entre le Tchad et le Sénégal.

Colonne-Dumontheuil-Dabitch«Basée sur des faits authentiques, La Colonne raconte l’ultime expédition française au Tchad en 1899, qui se distinguera par des massacres perpétrés tout au long de son parcours», souligne-t-on chez Futuropolis.

Avant cette aventure, le capitaine Paul Voulet, devenu Boulet, avait conquis le Burkina Faso, alors Mossi. Quand à son adjoint Chanoine, devenu Lemoine, il est simplement le fils d’un général bien placé.

Le capitaine Boulet et le lieutenant Lemoine ont la mission de parachever la conquête de l’empire français d’Afrique dans un contexte de concurrence des autres capitales européennes sur les régions à coloniser (notamment Londres et Berlin).

Avec leur colonne de 50 tirailleurs sénégalais, de 200 tirailleurs auxiliaires et 700 porteurs, parti en janvier 1899, les deux militaires vont réinventer les mots violence et massacre.

L’album de 80 pages revient donc sur cet épisode tragique et oublié de l’histoire des colonies françaises, et ce, grâce à des images et des couleurs d’une «force d’évocation stupéfiante».

Pour raconter cette aventure, les auteurs s’appuient sur le récit et le dialogue entre le soldat et tirailleur Souley et un esprit qui lui murmure son passé récent.

«C’est un bon soldat qui a fait son éducation avec les armes et qui s’ennuie quand il ne sent pas au creux de la main la pression de la crosse, souligne d’ailleurs l’esprit. Et ton pays est le lieu de toutes les ambitions, la cavalcade et la sueur, alors que Paris, la caserne, les putes, l’alcool, les salons parfois, tu vois, c’est fade.»

Le journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan signe une préface de deux pages avec sa plume toujours aussi tranchante que sanglante. Comme dans le récit de Dumontheuil et Dabitch, Venance revient également sur le rôle des Africains dans leur propre perte…

Pour cet ouvrage, Nicolas Dumontheuil (Le Landais Volant, Big Foot, Le Roi cassé, Qui a tué l’idiot ?) avait bénéficié en 2012 de la résidence d’écrivains de L’Institut Canadien de Québec.

Après avoir publié, en 1993, chez Dargaud son premier album de bande dessinée sous le titre, L’enclave, Dumontheuil publie Qui a tué l’idiot ? en 1995. Cet album récolte plusieurs prix, dont le Prix du meilleur album au Festival de Sierre, l’Alph-Art du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême et le prix René-Goscinny du meilleur scénario.

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