Le Café Maure de Mazouz OuldAbderrahmane : je vous parle d’un temps…

Dans son unique roman, Le Café Maure, Mazouz OuldAbderrahmane, homme de théâtre et de cinéma,  revient sur l’Algérie des années 50.

Ce joli roman, publié à titre posthume, respire l’authenticité d’un paradis perdu et perturbant.  Mazouz OuldAbderrahmane est décédé à Montréal en novembre 2012.

Café Maure de Mazouz OuldAbderrahmane

La madeleine de Mazouz a ceci de particulier qu’elle est faite de coups, d’humiliations et d’injustices. Son Algérie des années 50, encore sous le joug par des colons français –ici appelés Roomies– conserve malgré tout une nostalgie tourbillonnante, à l’image du chergui qui souffle sur Tijditt.

Situé au cœur du quartier pauvre de Mostaganem, le café Maure, où travaille le jeune Fekkir, est un carrefour bordélique. Au milieu des odeurs de menthe et des vapeurs des infusions, la plupart des composantes de la société algérienne de l’époque s’y rencontrent : intellectuels, religieux, syndicalistes, policiers et informateurs.

La création pour résister

Tous en commun de porter en eux une part d’un désespoir provoqué par les inégalités sociales et la violence. L’indépendance paraît alors bien loin. La liberté encore davantage. La génération de Fekkir n’a que le sport et les femmes (mère ou amante) pour goûter, le temps de quelques instants, à des bouts de bonheur.

L’absurde, en revanche, règne en maître, comme lorsque le jeune protagoniste se retrouve fiché par les autorités coloniales après avoir distribué des journaux interdits dont il ne sait même pas comprendre le contenu.

Au milieu des drames qui se succèdent, il reste pourtant une force qui leur résiste, incarnée par Fekkir qui garde la tête haute, mais aussi par l’écriture forte de Mazouz OuldAbderrahmane, décédé en 2012.

«Le café Maure» aura été le seul roman de cet homme de théâtre et de cinéma immigré au Québec dans les années 70. «Celui qui crée n’abandonne pas», dit l’un de ses personnages.

OuldAbderrahmane avait montré l’exemple en créant le Théâtre National Algérien au moment de l’indépendance. Il en a fait de même en gravant dans «Le café Maure» ses souvenirs, beaux en dépit des vents contraires.

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