Le documentaire Rwanda : l’enquête manipulée à Vues d’Afrique

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Diffusé pour la première fois sur la chaîne de télévision française Canal+ et projeté en avril dernier à la Cinémathèque québécoise dans le cadre du festival Vues d’Afrique, le documentaire belge Rwanda, l’enquête manipulée questionne gravement le rôle de la France dans l’investigation menée suite à l’attentat du 6 avril 1994.

Rwanda-enquete-manipulee2Le 6 avril dernier, le Rwanda commémorait les vingt ans du génocide des Tutsis, perpétré quelques heures seulement après l’explosion de l’avion du président Juvénal Habyarimana et faisant plus de 1 360 000 morts.

Le documentaire de Catherine et Philippe Lorsignol pose une nouvelle fois la question de la double implication de la France à la fois dans la réalisation de l’attentat et dans la direction de l’enquête qui a suivi la mort du président rwandais.

« Les faits sont têtus »

Comme l’a exprimé le président Paul Kagamé lors du 20e anniversaire des massacres, les faits reprochés principalement à la France sont incontestables et le documentaire les compile durant cinquante-deux minutes, enchaînant contrevérités et réfutation de preuves.

S’appuyant en grande partie sur l’ouvrage du journaliste belge Philippe Brewaeys, Rwanda 1994 : noirs et blancs menteurs, Catherine et Philippe Lorsignol repartent notamment au Rwanda pour confronter chaque acteur du génocide, autant des Hutus que des anciens membres du Front Patriotique Rwandais (FPR).

Mensonges, pièces à conviction qui disparaissent, faux témoignages réfutés plus tard par les accusés, ignorants des charges qui leurs ont été reprochés, production et usage de faux, interdiction aux familles des disparus de l’attentat de porter plainte : chaque détail de la machination judiciaire montée par le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière et le mercenaire Paul Barril est disséqué, discrédité.

France-Rwanda : maintenir l’influence jusqu’au bout

Les fausses accusations portées tantôt contre les extrémistes Hutus, tantôt contre d’anciens politiciens Tutsis s’effondrent, ne laissant finalement entrevoir qu’une vaste tentative de maintien de l’influence française en Afrique centrale, tentative amorcée par François Mitterrand. Le documentaire, en plus de révéler ce qui s’avère être un secret de Polichinelle dans le monde diplomatique, réactualise ces éternels liens (néo-)colonialistes sanguinaires.

La vérité toujours fragile car dangereuse est palpable et sans appel. Pourtant au XXIe siècle des anciens dirigeants français ou des politiciens français de l’époque tel qu’Hubert Védrine persistent à esquiver, à nier, à crier à la diffamation.

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