Une histoire rhodésienne et universelle

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La guerre du Bush, entre Blancs et Noirs, en Rhodésie du Sud, devenue Zimbabwe en 1980, forme la toile de fond du roman haletant de George Makana Clark, «Les douze portes dans la maison du sergent Gordon».

Les douze portes dans la maison du sergent GordonDouze portes pour autant de chapitres, chacun éclairant un moment essentiel de la courte existence de l’antihéros, racontée de sa mort à sa naissance tantôt par lui-même, tantôt par des voix qui l’ont côtoyé.

Le lecteur accompagne ainsi le sergent blanc, membre des Forces de sécurité aux ordres du pouvoir (sans pour autant croire à sa mission), dans l’enfer esclavagiste d’une mine, où il reste enfermé plusieurs années, dans une ferme familiale où la réalité de la guerre vient bouleverser l’existence de l’adolescent ou encore dans un centre de redressement religieux dirigé par un illuminé sadique.

Pour son premier roman, George Makana Clark réussit brillamment à entremêler l’histoire avec un grand H et l’évolution d’un individu sans pour autant perdre le fil et l’attention du lecteur. On parvient à ressentir le poids d’une guerre civile déchirante tout en étant habité par les esprits qui hantent la maison de Gordon, avant de découvrir un secret familial qui suppure l’existence d’un individu et illustre en même temps l’histoire de tout un pays, voire d’un continent.

En s’adonnant au petit jeu des comparaisons littéraires, on pourrait s’aventurer à décrire «Les douze portes dans la maison du sergent Gordon» comme un «Cent ans de solitude» version zimbabwéenne. Les destinées des nombreuses personnalités qui peuplent ce roman le transforment en un tourbillon familial où l’histoire semble se répéter sans cesse, pour le pire.

Comme les «héros» du chef-d’oeuvre de Gabriel Garcia Marquez, le sergent de Gordon et les siens semblent frappés d’une malédiction qui, bien qu’ancrée ici en Rhodésie, revêt un aspect universel.

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