Retour en force de Bombolessé, avec Vice & Versa

Bombolessé, la formation la plus «brésilianisée» de Montréal a lancé le 28 avril dernier son album Vice & Versa. L’opus est fortement teinté des mélodies du pays sud-américain chouchou des sept musiciens, une dose d’énergie et d’accords vitaminés carnavalesques.

Bombolessé-1 Julien Álvarez Thomet, chanteur et bassiste, et Alix Noël, accordéoniste et claviériste de Bombolessé racontent cette nouvelle page de leur histoire autour d’une œuvre qui se veut particulièrement rassembleuse.

Pour Julien, Vice & Versa, c’est la réciprocité. «On a toujours fait de la musique du Sud, un mélange tropical et urbain, a-t-il dit en entrevue. On voit toujours les différences entre les pays du Nord et du Sud, il fallait trouver les ressemblances. On aime danser, au Québec comme au Brésil.»

Les styles musicaux flirtent toujours avec la samba, le reggae, la cumbia, le ska, mais cette fois, avec une touche plus «électronifiée» et hip-hop, souligne pour sa part Alix Noël.

Deux musiciens brésiliens se sont joints à la formation – un  batteur et un guitariste originaires du nord du Brésil, région contiguë à l’espace caribéen-, et le guitariste manouche Pato Palma.

Bambolesse-Vice-VersaLa chanson Tout ou rien a justement été bâtie sur la tradition musicale du Nord-est brésilien, à la sauce forró. Le résultat est un travail d’équipe où chacun a mis la main à la pâte. Le cycle de création a toutefois été freiné par le peu de financement. Vivre de la musique dite du monde est une avenue pavée d’embûches.

Bombolessé «fait danser les penseurs, et penser les danseurs».

Avec ses odes propices à la joie de vivre et à la réflexion sur la société, le septuor a su capter un auditoire fidèle depuis 2003.

Internationales à souhait, les chansons se déploient en français, espagnol, portugais et créole. La world en plein essor au Québec depuis la dernière décennie s’ancre de plus en plus dans les mœurs musicales.

Bombolessé-2Pour Julien, la musique du monde tend à devenir grand public. Chango Family, Dobacaracol, Collectivo ont défriché le chemin pour ouvrir la voie aux artistes actuels. Cette scène prend des airs de pop, ce qui élargit la palette, mais en dénaturalise les racines.

«Avec la menace de fermeture des Bobards et du Divan orange, la scène pop occupe toute la place, a précisé Julien Álvarez Thomet. Le mélange des genres devient un lieu commun, une banalité. Heureusement, Montréal demeure la référence en world en Amérique du Nord, avec des festivals de renom tels que Mundial Montréal et Nuits d’Afrique.»

L’envie de tourner au-delà du Québec a poussé le groupe à jouer cet hiver au Mexique. Bombolessé s’apprête à passer une partie de l’été en tournée dans l’Ouest canadien. Un concert à New York est également à l’agenda au S.O.B.’s le 23 mai, tout comme une participation au Carnaval de Recife, une tournée au Portugal et peut-être même un album de Noël aux sonorités tropicales animent les joyeux comparses.

Photos: Daniel Lanteigne

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