Fenfo de Fatoumata Diawara: notre album coup de coeur de 2018

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Sept années après la sortie de son excellent premier album Fatou, l’actrice et chanteuse malienne Fatoumata Diawara a frappé très fort avec son nouveau disque Fenfo. Ce petit bijou réalisé avec la complicité de Mathieu Chedid est une réussite totale. Entraînant et épuré, Fenfo est notre plus gros coup de coeur de 2018.

En l’espace de onze chansons, Fatoumata Diawara nous transporte sous le soleil du Mali. L’instrument principal de Fenfo, c’est la voix un brin éraillée de l’auteure-compositrice-interprète malienne.

Très bien mise en valeur d’un bout à l’autre du disque, cette voix limpide et entêtante mène la danse au milieu de guitares acoustiques, de koras et de percussions.

Pas étonnant d’ailleurs qu’elle se retrouve en nomination dans la catégorie album de musiques du monde aux Victoires de la musique, qui récompensent l’industrie française. Il est aussi en nomination aux prochains Grammys dans la catégorie musiques du monde.

En bambara, fenfo signifie «beaucoup de choses à dire». Et Fatoumata Diawara en avait des choses à dire sur ce disque. Dans la magnifique pièce d’ouverture Nterini, qui fait partie des coups de coeur 2018 de Barack Obama et de la liste des meilleures chansons de 2018 du New York Times, l’artiste malienne traite des migrations de l’Afrique vers l’Europe en chantant l’histoire de deux amoureux séparés par la distance.

Dans Kanou Dan Ye, elle aborde le poids des traditions qui peuvent constituer un obstacle pour l’avancement des sociétés africaines. Dans le très joyeux Negue Negue, qu’on pourrait traduire par « amusons-nous », Fatoumata Diawara invite tout le monde à partager de l’amour et de la joie avec leur famille, leurs amis et tous ceux qui les entourent. Dans Mama, elle rend hommage à ses parents. Dans Bonya, elle prône le respect envers autrui.

«Il y a toujours un message derrière mes chansons, même si cela paraît banal, a-t-elle expliqué dans une entrevue publiée sur le site internet de la radio française RFI. Dans Kokoro [une chanson de son disque Fenfo, NDLR], quand je dis : “Ma sœur, arrête de t’éclaircir la peau avec des produits chimiques pour ressembler aux blancs. Ma sœur, arrête de te couvrir la tête pour ressembler aux Arabes”, ce sont mes douleurs. Ce sont mes inquiétudes en tant que femme africaine.»

Ambitieux, mariant à la perfection modernité et tradition, très agréable à l’écoute, Fenfo est un disque qu’on vous recommande chaudement.

Dès les premières secondes de l’album, vous vous trouverez transporté dans l’univers afro-futuriste de Fatoumata Diawara.

Sans vous en rendre compte, vous arriverez à la fin du disque et vous n’aurez qu’une seule envie: l’écouter à nouveau!

Notre note : 10/10.

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