L’insomnie de Tahar Ben Jelloun

Avec son roman L’insomnie, publié dans la collection blanche de Gallimard, l’auteur franco-marocain Tahar Ben Jelloun pousse un peu plus l’audace en transformant les pires ambitions en réalités.

C’est l’histoire d’un scénariste marocain un peu loufoque qui souffre d’une profonde insomnie et qui réalise que l’une des rares façons d’y remédier est de commettre l’irréparable, un meurtre parfait.

Tout commence comme souvent par un (mal) heureux hasard et le timide scénariste sans ambition va se muer ensuite en véritable assassin, de type serial Killer. Et pour cause, son motus operandi se raffinera au fur et à mesure que l’homme dormira…

«Sa mère sera sa première victime. Hélas, avec le temps, l’effet s’estompe… Il doit récidiver. Le scénariste se transforme en dormeur à gages. Incognito, il commet des crimes qu’il rêve aussi parfaits qu’au cinéma. Plus sa victime est importante, plus il dort.»

Tout aurait été si simple si la formule était si simple. À la baisse/hausse d’insomnie, il faut aussi ajouter la libido et l’envie de se confesser qui poussera notre (anti)héros à raconter ses prouesses ainsi que ses PCS (points crédits sommeil) à son ami.

La lecture, quoique parfois dure à avaler, révèle un ouvrage atypique dans lequel Tahar Ben Jelloun s’exprime surtout avec une très grande liberté. Son amateur de crime finit par devenir aussi attachant que sympathique. D’autant que son rêve ultime, outre celui de se faire le plus riche du Maroc, reste sa femme qui le déteste profondément.

Il y a aussi dans le récit la délicate question de la fin de vie dans la dignité pour ceux qui militent pour une abrogation de leur souffrance.

On flirte aussi parfois dans une fiction dans la fiction lorsque le scénariste décide de scénariser sa vie pour un cinéaste à qui il doit, forcément, un peu d’argent.

Membre de l’Académie Goncourt, Tahar Ben Jelloun est un de ces génies à qui on pardonne tout. Dans ce cas, nul besoin parce qu’in fine, l’idée est assez astucieuse.

En outre, comme parfois il s’inspire de sa réalité, on n’ose pas savoir quelle est la part de faits vécus….

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