Triomf de Michael Raeburn

Malgré une sonorité proche, Triomf est tout sauf un triomphe. C’est le nom d’une lamentable banlieue blanche de Johannesburg édifiée sur les décombres d’un quartier jadis habité par des gens, faut croire, simple d’esprit, des noirs!

PRIX DU MEILLEUR FILM SUD-AFRICAIN – 2008  Durban Film Festival
PRIX DU MEILLEUR FILM SUD-AFRICAIN – 2008 Durban Film Festival

C’est aussi l’histoire d’une famille d’Afrikaner, un peu loufoque et déchirée par un secret qu’on croit deviner au bout de 20 minutes. Michael Raeburn, le réalisateur retrace la vie de la famille Benade. Deux hommes, une femme et un débile de 21 ans. On apprend très vite que l’un des hommes (Treppie) est le frère de la femme (Mol), mère du débile (Lambert). Et dans un décor insipide et qui sert de chambre, Mol réalise les désirs sexuels de Lambert au vu et au su de tous.

Nous sommes en 1994, et l’Afrique du Sud s’apprête à vivre le tournant le plus important de son histoire. C’est à l’aube de la première vraie élection démocratique du pays qui aboutira à l’accession de Nelson Mandela, noble et élu pour toujours auprès de l’univers terrestre.

Mais tout ça n’est qu’en trame de fond du récit « palpitant » de cette famille. Lambert est frigoriste, Pop va peut-être goûter à autre chose que le corps de sa pauvre, mais compatissante mère. Et Treppie écoute religieusement la télé témoigner du changement qui bouscule son pays.

017

Le film est basé sur un livre publié en 2003, celui de Marlène Van Niekerk, romancière et professeure d’afrikaans à l’Université de Stellenbosch. Son roman est un best-seller, contrairement aux personnages du film. Le film est un peu long, et même sur un sujet comme l’inceste, au bout de deux heures, on finit par se lasser. Mais le jeu d’acteur est excellent, notamment celui de Treppie qu’interprète à merveille Lionel Newton, acteur Sud-Africain.

Mol, Pop, Treppie et Lambert font pitié et c’est la morale de l’histoire. Dans cette Afrique du Sud à jamais marquée par l’apartheid, il y a surement d’autres familles blanches comme celle des Benade qui vivent au bord d’un gouffre, différent. Mais tout aussi profond que d’autres d’Afrique du Sud comme l’avait par exemple si bien décrit André Brink dans son opium, une saison blanche et sèche en 1980.

Présenté en 2008 au festival d’Amiens et au festival de Cannes 2008, Triomf a été primé meilleur film au festival international du film de Durban la même année.

 M.A.J.: Le réalisateur Michael Raeburn a repondu aux questions de Touki Montréal ici.

1 COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.