Cairo Time, une romance au cœur des pyramides

Sacré par le public meilleur film canadien au dernier Festival international de Toronto, la sortie de Cairo Time était très attendue à Montréal. Mardi soir dernier, c’est devant une salle comble que la réalisatrice torontoise d’origine syrienne, Ruba Nadda, a répondu avec entrain aux questions de l’assistance, charmée par l’histoire d’amour sur fond de paysages égyptiens. Touki Montréal vous offre un aperçu du film en 4 volets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juliette et Tarek - crédit photo: Cairo Time
Juliette et Tareq – crédit photo: Cairo Time

L’histoire :

Juliette, rédactrice en chef d’un magazine canadien, s’en va passer trois semaines de vacances au Caire pour rejoindre Mark, son mari qui travaille aux Nations Unies. À son arrivée, celui-ci est retenu à Gaza et envoie son ancien associé Tareq accueillir Juliette. Peu à peu, cette jolie blonde quadragénaire va se prendre au jeu des coutumes du pays et capter les charmes de la ville… ainsi que ceux de Tareq.

La Critique :

Quel voyageur ne s’est pas déjà retrouvé dans un état de dépaysement tel que dans le lieu inconnu qu’il fréquente, chaque odeur, chaque détail et chaque sensation sont décuplés? C’est ce genre d’évasion physique et spirituelle que l’on retrouve dans ce film au décor enchanteur. Dans la lignée des aventures amoureuses passionnément platoniques à la In the Mood for Love ou Lost in Translation, Ruba Nadda filme ce timide désir mutuel avec finesse et subtilité. Les acteurs Patricia Clarkson et Alexander Siddig possèdent tout le charme et le talent nécessaire pour passer un très agréable moment, avant de courir à l’agence de voyage prendre un aller simple pour le Caire!

Trois questions à la réalisatrice :

La réalisatrice Ruba Nadda - crédit photo : Leslie Doumerc - Touki Montréal
La réalisatrice Ruba Nadda – crédit photo : Leslie Doumerc – Touki Montréal

D’ou est venue l’idée du film ?

Je suis née à Montréal, je vis à Toronto, mais mes parents sont arabes. Ils habitaient à Damas, en Syrie, à quelques heures de voiture du Caire et j’ai visité cette ville quand j’avais 16 ans. Avec 17 millions d’habitants, c’était tellement chaotique par rapport à l’ambiance très stricte et policée de la Syrie. C’était magnifique, je me suis dit que je devrais absolument y retourner et écrire une histoire sur cette ville!

Et pourquoi une histoire d’amour?

Je voulais réaliser une romance car j’ai l’impression que cela fait longtemps que l’on n’a pas eu quelque chose de bon dans ce style. J’aime le thème de l’amour imprévu, qui arrive de nulle part. C’était aussi très important pour moi que la relation reste platonique. Au Caire, les rapports sont très différents des usages nord-américains. Là-bas, une simple caresse veut dire tellement. Et puis je voulais garder l’émotion tout au long du film; s’ils avaient consommés, cela n’aurait pas été aussi dévastateur à la fin.

Comment raconter une rencontre entre une Canadienne et un Égyptien en évitant les clichés?

Les acteurs y sont pour beaucoup: Tareq et ses grands yeux si expressifs, Juliette et son jeu si naturel. Ils sont fascinants tous les deux! Et puis, c’est vrai qu’il y a tellement de clichés sur le Moyen-Orient que je voulais en briser quelques uns. Par exemple, il y a beaucoup de scènes drôles dans le film pour montrer que finalement ces gens là sont heureux. Vous ne pouvez pas imaginer l’humour qu’ils ont, ils adorent cela, c’est naturel pour eux. Ils sont tous comédiens!

Autour de la musique du film :

« La musique est tellement importante dans un film. J’ai grandi en écoutant de la musique arabe et je savais exactement ce que je voulais: une espèce de fusion entre les airs traditionnels et les chansons actuelles. J’ai aussi fait appel à un compositeur irlandais et j’ai utilisé deux mélodies de Yann Tiersen (« Amélie Poulain ») que j’aime énormément! », Ruba Nadda

Pour un aperçu:

Extrait 1: « Sara Lay » de El Tanbura

http://www.toukimontreal.com/actualites/audio/Sar_a_Lay.mp3

Le groupe El Tanboura tire son inspiration du plus profond de la tradition égyptienne. « Sara Lay » est une chanson bédouine du Sinaï, entrée au patrimoine populaire égyptien ; un hymne religieux au Prophète Mohammed et à d’autres saints sur le rythme répétitif propre aux chansons des « mouleds », ces fêtes religieuses populaires fêtant l’anniversaire des saints (source: afrik.com)

Extrait 2: « Ahwak » de Abdel Halim Hafez

http://www.toukimontreal.com/actualites/audio/Ahwak.mp3

Abdel Halim Hafez, né en 1929, était un acteur et un chanteur très populaire en Égypte et dans le monde arabe durant les années 50 jusqu’aux années 70. Surnommé « al andalib al asmar » (« le rossignol brun ») en raison de sa voix envoûtante, il est considéré comme l’un des plus grands chanteurs arabes, si ce n’est le plus grand. (source: Wikipédia)

Leslie Doumerc

Site officiel du film : www.cairotime.ca


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